
CHRONIQUE. Les horlogers savent faire preuve de raffinements et ont aussi leur «haute couture». Mais comment définir la limite dans un secteur où tout le monde partage le même écosystème?
Au pays du «Swiss made», toutes les montres ont une certaine hauteur. Celles qui en ont plus que d’autres se couronnent d’une épithète pour devenir «haute horlogerie». L’étiquette n’est ni officielle ni consacrée, mais il en est fait un tel usage qu’elle passe pour un label de référence, symbole d’excellence, de bienfacture, d’exclusivité, voire d’éternité. Par opposition les autres montres ne seraient que de simples produits industriels. Même si les deux castes se tutoient au sein d’un même écosystème, elles ne se mélangent pas, aussi vrai qu’on ne foule pas les podiums de la haute couture en Birkenstock.
Intuitivement, la distinction semble évidente, mais où situer la frontière alors que même la plus raffinée des montres conserve une génétique industrielle? A Genève, la Fondation de haute horlogerie (FHH) a tenté l’exercice en fixant une grille de 28 critères dans un livre blanc publié en 2016. Mais l’ouvrage a plus divisé que convaincu.
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