
La firme américaine a imposé son nouvel outil sans négociation sérieuse, selon les éditeurs français. En Suisse, où le dispositif existe depuis seize mois, les médias ne peuvent pas réclamer de dédommagement, faute de base légale
Seize mois après la Suisse, la France découvre abruptement l’influence de l’intelligence artificielle sur le trafic web. Et deux mondes s’affrontent. D’un côté, GOOGLE, qui a lancé dans l’Hexagone le 22 juillet dernier les «AI Overviews», des réponses structurées s’affichant sous certaines requêtes de son moteur. De l’autre, des éditeurs de presse, qui craignent que ces nouveaux contenus générés avec de l’intelligence artificielle (IA) soient suffisants pour de nombreux internautes. Ils n’auraient plus besoin de cliquer sur les liens, plus bas, menant vers leurs publications, entraînant une chute du trafic de ces médias. L’issue de ce bras de fer est incertaine et les enjeux sont majeurs.
Pourquoi la France fait-elle partie des derniers pays européens où GOOGLE a lancé ses «AI Overviews»? Car il existe dans l’Hexagone un accord global entre la firme américaine et les médias, concernant ce que l’on appelle les droits voisins. En résumé, la multinationale rémunérait déjà les médias via ce contrat global, puis a proposé sa mise à jour. «Google nous a fait comprendre que l’enveloppe versée au titre des droits voisins aux éditeurs français était déjà plus importante qu’ailleurs dans le monde, et donc qu’il ne fallait pas s’attendre à des rémunérations complémentaires importantes. Aucun montant sérieux n’a été proposé par GOOGLE dans la discussion», indiquait mardi Marc Feuillée, président de l’Alliance de la presse d’information générale (APIG) et directeur général du groupe Figaro, dans le quotidien éponyme.
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