
Selon les Etats-Unis, Wellbred Trading, installée à Genève, dépend d’un réseau pétrolier contrôlé par Mohammad Hossein Shamkhani, fils d’un ancien conseiller du guide iranien. Sans effet automatique en Suisse, la sanction peut drastiquement isoler le négociant
En l’espace de deux ans, Wellbred est passée du communiqué d’acquisition à la liste des sanctions économiques contre l’Iran. En août 2024, l’annonce affichait tous les mots de la respectabilité. Wellbred Trading SA informait depuis Genève du rachat de La Nivernaise de Raffinage, une usine française transformant des huiles de cuisson usagées en biodiesel. L’opération devait préserver 35 emplois et ouvrir au groupe les marchés français, allemand et espagnol.
Deux ans plus tard, la même société est empêtrée dans un tout autre récit. Le 24 août, le Trésor américain a inscritWellbred Capital, ses entités genevoise et émiratie, ainsi que la raffinerie française La Nivernaise sur la liste des entités sanctionnées par l’OFAC, l’agence du Trésor chargée des sanctions. Washington affirme que le groupe est placé sous le contrôle ultime de Mohammad Hossein Shamkhani, fils d’Ali Shamkhani, ancien haut responsable de la sécurité iranienne et conseiller du guide suprême. La désignation est administrative et ne représente donc pas une condamnation judiciaire. «Cette inscription sur une liste de sanctions ne produit aucun effet juridique direct en Suisse, résume Ulrich Schroeter, professeur de droit privé à l’Université de Bâle. Mais elle peut avoir des effets indirects très importants. Les Etats-Unis précisent que toute entreprise qui commerce ou entretient des relations d’affaires avec Wellbred – qu’il s’agisse de l’entité suisse, singapourienne ou émiratie – risque de voir son accès au marché américain restreint. En pratique, la principale conséquence en Suisse concerne les banques qui travaillent également aux Etats-Unis. Celles-ci cesseront très probablement de traiter avec les entités sanctionnées.»
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