
CHRONIQUE. Gérer un milliard de francs d’avoirs a rapporté entre 6,6 et 8,9 millions de francs l’an dernier à une banque privée suisse. La tendance est à la baisse depuis 2023, mais le coût de production de ce service ne recule pas aussi rapidement
Combien est-ce qu’un million ou un milliard confié à une banque privée suisse rapporte à cet établissement? C’est une question que l’on a parfois posée à des banquiers ces dernières années, surtout lorsqu’on était d’humeur taquine. La réponse fusait, toujours identique: «On ne peut pas comparer entre différentes banques, car nos modèles d’affaires sont différents, vous comprenez. Certaines ne font que de la gestion privée, d’autres aussi de la gestion d’actifs; des métiers avec des niveaux de rentabilité différents.»
Cette réticence peut aussi s’expliquer par le fait que ce genre de calcul présente l’argent des clients comme une matière première dont sont retirés des revenus. Alors que les banques se disent uniquement là pour préserver cet argent, certes moyennant un service payant mais dissimulé par un voile pudique. Personne ne souhaite apparaître publiquement comme la banque qui extrait le plus de bénéfice des avoirs des clients.
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