
La première étude sur l’apprentissage réalisée à Neuchâtel montre que huit apprentis sur dix se sentent bien au travail. Les milieux économiques qui s’opposent à une initiative pour la protection des apprentis s’en réjouissent, alors que la gauche estime que tout est question d’interprétation
L’initiative cantonale «Plus de protection pour les apprentis» ne devrait être soumise au peuple neuchâtelois que l’an prochain, mais elle alimente déjà de vifs débats entre les milieux économiques et le comité de gauche à l’origine du texte. Déposé en mars 2023, il demande l’instauration de contrôles inopinés dans les lieux d’apprentissage, une meilleure formation de base sur les droits des apprentis, une augmentation du nombre de conseillers en formation professionnelle et une sensibilisation des formateurs aux problématiques de harcèlement et de violence. Les milieux économiques (26 organisations professionnelles) ont réagi en commandant une enquête sur l’apprentissage à la Haute Ecole de gestion Arc (HEG Arc), dont les résultats ont été présentés ce jeudi. Ils révèlent que huit apprentis sur dix se sentent bien ou très bien dans leur entreprise.
«C’est très encourageant et rassurant pour les patrons et les organisations économiques», souligne le secrétaire général de la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs Jean-Claude Baudoin. Cette étude vient, selon lui, contrer beaucoup de clichés et de préjugés sur l’apprentissage. «L’initiative ternit l’image des entreprises. Que veut-elle corriger alors que les trois quarts des sondés disent être bien suivis et encadrés? Il ne sert à rien d’utiliser un canon pour tuer des mouches!» tonne Séverine Favre, secrétaire générale de l’Association patronale des industries de l’Arc horloger (Apiah). Elle ajoute que des problèmes existent, comme partout, mais qu’il faut y répondre par des mesures ciblées et non en instaurant «une police de l’apprentissage».
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