Economie américaine: fin de cycle ou rupture?La saison des résultats des banques américaines offre un premier baromètre concret de l’état de l’économie américaine en 2025. Au-delà des chiffres publiés, elle permet de confronter le diagnostic macroéconomique à la réalité observée sur le terrain, en particulier du côté du consommateur et du crédit. Cette lecture croisée suggère un ralentissement en cours, mais davantage assimilable à une normalisation de fin de cycle qu’à un basculement vers une situation de stress généralisé Une croissance qui ralentit mais reste solideL’activité économique américaine demeure robuste, portée par une dynamique domestique encore favorable et par la poursuite de l’expansion de la consommation privée. Une décélération pourrait apparaître au quatrième trimestre 2025, en partie liée au contrecoup du shutdown, sans remettre en cause la trajectoire globale d’une croissance attendue au-dessus de 2% en 2026. Le marché du travail s’est stabilisé, confirmant la résilience du cycle. Les incertitudes liées à la politique commerciale de l’administration Trump et à un environnement géopolitique dégradé continuent néanmoins de peser sur les décisions d’investissement. A l’approche des élections de mi-mandat, l’orientation de la politique économique pourrait toutefois devenir plus favorable à l’activité domestique. Dans l’ensemble, le tableau macroéconomique renvoie à une économie en phase d’atterrissage progressif, non à un retournement brutal. Ce que révèlent les données bancairesLes résultats publiés par les banques complètent utilement ce diagnostic. Ils offrent une lecture directe de l’évolution du crédit, des comportements de consommation et des tensions éventuelles sur les bilans des ménages. Les données disponibles confirment un ralentissement de la dynamique, une dispersion accrue et des marges de sécurité plus étroites. En revanche, aucun signal de tension systémique n’apparaît. Le crédit à la consommation se normalise après une période exceptionnellement favorable, sans se détériorer. La question n’est donc plus celle du ralentissement du consommateur américain, déjà engagé, mais celle de sa transformation éventuelle en situation de stress. A ce stade, les indicateurs plaident pour une normalisation de fin de cycle. Crédit: une dégradation graduelle, sans point d’inflexionAu sein des grandes banques, les indicateurs de crédit évoluent globalement conformément aux anticipations. Les retards de paiement et les pertes sur créances progressent, mais à partir de niveaux historiquement bas et dans des fourchettes déjà intégrées par les établissements. Surtout, les retards sur les cas les plus avancés ne s’accélèrent pas, ce qui constituerait habituellement un signal d’alerte plus marqué. Les taux de paiement restent solides, les encours de dépôts sont stables et les tensions de liquidité au niveau des ménages demeurent marginales. Les évolutions observées relèvent d’un ajustement, non d’une situation de détresse. Consommation: des arbitrages, pas de retraitLes comportements de consommation confirment ce diagnostic. Les dépenses se modèrent, mais ne se contractent pas. Les segments discrétionnaires ralentissent, tandis que les biens essentiels et les services conservent une dynamique résiliente. Cette évolution reflète une prudence accrue dans un environnement de taux plus élevés et l’épuisement progressif de l’épargne excédentaire, davantage qu’un repli contraint. Les ménages arbitrent leurs dépenses, sans en être exclus. Dispersion: le véritable point de vigilanceLes pressions existent, mais elles restent concentrées. Les ménages aux revenus les plus modestes sont davantage exposés, tandis que les catégories intermédiaires et supérieures demeurent soutenues par l’emploi et par des bilans encore solides. Cette dispersion croissante – une dynamique de consommation en «K» – explique la hausse des provisions et le ton plus prudent adopté par les équipes dirigeantes, sans pour autant signaler un choc de demande généralisé. Résultats bancaires T4 2025: des fondamentaux solides face à un futur plus incertainLes résultats du quatrième trimestre 2025 des grandes banques américaines se sont révélés meilleurs que redouté. La croissance des prêts, la discipline des coûts et la qualité du crédit restent bien orientées. Le secteur a néanmoins reculé, les investisseurs se concentrant moins sur la solidité passée que sur les incertitudes entourant 2026. Les banques régionales et communautaires affichent une meilleure résistance, en raison d’une exposition plus limitée aux risques liés à la politique des cartes et aux revenus de commissions les plus sensibles aux taux. ConclusionLa lecture conjointe des indicateurs macroéconomiques et des données bancaires confirme un ralentissement ordonné de l’économie américaine. La croissance décélère, la dispersion s’accentue et les marges de sécurité se réduisent, mais le cœur de l’économie – consommation, emploi et bilans des ménages – demeure solide. A ce stade, les conditions généralement associées à un retournement tiré par le consommateur ne sont pas réunies. La sensibilité aux chocs augmente néanmoins, appelant à une vigilance accrue dans un environnement politique et géopolitique incertain. Lundi 02 février 2026, 09h30 - LIRE LA SUITE
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