
Zoug accueille une nouvelle entreprise sur son sol: SGS, qui a déménagé de Genève et inaugure son siège ce jeudi. L’occasion de se pencher sur le destin économique de ce petit canton de Suisse centrale, auquel tout semble réussir, mais dont le succès fait aussi des perdants
Ce 29 janvier 2026, un canton rit, l’autre pleure. La Société générale de surveillance (SGS) a fait ses cartons et déplace son siège social à Baar, dans le canton de Zoug, après avoir été domiciliée pendant plus d’un siècle à Genève. Elle s’installe dans les anciens locaux de Partners Group, mastodonte du capital-investissement, qui a lui-même déménagé à quelques centaines de mètres de là dans un complexe flambant neuf. Ce changement est l’un des derniers exemples en date de l’attractivité de Zoug au niveau suisse et international. Si ce minuscule canton de Suisse centrale – le troisième plus petit du pays – est aujourd’hui l’un des plus riches de la Confédération et l’hôte d’un nombre important de sociétés et de personnes fortunées, cela n’a pas toujours été le cas.
Jusqu’au milieu du XXe siècle, Zoug est plutôt pauvre, en tout cas moyennement riche. Il faut attendre les réformes fiscales post-Première Guerre mondiale et une modernisation du système d’imposition dans les années 1940 pour voir un changement s’amorcer. Rencontré dans son bureau de la Direction des finances, surplombant la ville, le «général» Heinz Tännler – son surnom – se fait conteur de la success-story de son canton, rappelant lui aussi ses origines modestes: «A la fin du XIXe siècle et jusqu’aux années 1930-1940, Zoug était agricole, se situant même pendant une période tout au bas du classement suisse en matière de politique financière. Puis, au milieu du siècle dernier, le principe des holdings, des sociétés de domicile et des sociétés mixtes a été établi. C’était une construction fiscale spécifique, intégrée dans la loi», explique le conseiller d’Etat chargé des Finances.
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