
Selon une étude zurichoise, la construction d’une nouvelle centrale provoquerait des coupes massives dans les énergies renouvelables, en particulier le solaire. Le nucléaire lui-même créerait peu d’emplois, et importés
La construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Suisse menacerait jusqu’à 16 000 emplois dans les secteurs des énergies renouvelables et de la construction. Telle est la conclusion d’une étude de la Haute école zurichoise de sciences appliquées (ZHAW), mandatée par la Fondation Energie. A noter que cette instance soutient le référendum contre le retour du nucléaire.
Selon l’étude, relayée dimanche par le SonntagsBlick, la simple levée de l’interdiction de construire, même en l’absence de projet concret, mettrait déjà en péril entre 5800 et 10 600 postes sur dix ans. Si une centrale était effectivement planifiée, ce chiffre grimperait entre 10 000 et 16 000 emplois sur la même période.
Les emplois créés par la filière nucléaire ne compenseraient pas ces pertes, car la technologie et le savoir-faire devraient être importés. La valeur ajoutée pour la Suisse resterait faible, selon les auteurs.
Les secteurs les plus touchés seraient l’énergie solaire, la domotique et la rénovation énergétique des bâtiments. Pour le solaire, le nombre d’équivalents plein-temps chuterait de 64% d’ici 2035 par rapport au scénario sans nouvelle centrale, passant de 20 700 à 7400 postes.
Ces secteurs constituent aujourd’hui l’un des principaux moteurs de la création d’emplois en Suisse. Contrairement au secteur de l’énergie nucléaire, ils s’appuient en grande partie sur une chaîne de valeur ancrée localement, estiment les experts.
La toile de fond: le débat sur le référendum
«L’étude de la ZHAW montre que la poursuite des investissements dans l’énergie solaire, l’efficacité énergétique et la rénovation des bâtiments constitue non seulement le levier principal pour atteindre les objectifs climatiques, mais aussi un puissant moteur de création d’emplois en Suisse», affirme Nils Epprecht, directeur de la Fondation Energie.
Lors de la dernière session d’été, le parlement a adopté le contre-projet indirect du Conseil fédéral à l’initiative populaire «Stop au black-out, De l’électricité pour tous en tout temps». La loi permet de lever l’interdiction de construire de nouvelles centrales nucléaires en Suisse. Une coalition regroupant les Vert·e·s, le PS, le PVL a lancé le référendum pour s’y opposer.
En 2017, le peuple avait accepté à plus de 58% la Stratégie énergétique 2050 qui interdisait de nouvelles centrales tout en maintenant celles en activité.