
ÉDITORIAL. Alors que les records boursiers se sont enchaînés à un rythme effréné aux Etats-Unis, avant de marquer le pas. Les projets d’introduction en bourse des géants de l’IA pourraient relancer la machine. Mais si elle s’enraye, l’addition concernera le monde entier
La crise pétrolière, le retour de l’inflation, les risques de récession et les inquiétudes autour de la dette publique de plusieurs grandes économies sont autant de symptômes dont les marchés financiers ne semblent pas se soucier. Ces derniers mois, les indices boursiers américains ont battu des records historiques. Un élan créé par quelques sociétés, Alphabet et Nvidia en tête.
Derrière ces envolées se trouvent les espoirs autour de l’intelligence artificielle générative, encore et toujours, avec une prime donnée à l’industrie des semi-conducteurs ces dernières semaines. Cette frénésie a ainsi provoqué une hausse spectaculaire du titre d’Intel, alors qu’en 2024, on s’inquiétait de sa survie. Si la semaine passée, les investisseurs ont marqué le pas, les projets d’introduction en bourse des géants de l’IA pourraient relancer cette course folle.
Onde de choc
Ce mardi, OpenAI a officialisé son intention de réaliser une IPO (entrée en bourse). La veille, l’entreprise a déposé les documents légaux nécessaires à une telle opération auprès de l’autorité américaine de régulation des marchés financiers. Une initiative qui intervient une semaine après qu’Anthropic a réalisé la même démarche. Aucune des deux entreprises n’a divulgué de calendrier, mais selon les dernières estimations, leurs valorisations sont respectivement évaluées à plus de 850 et 960 milliards de dollars. Des montants qui donnent le tournis pour des sociétés encore inconnues il y a 4 ans, et qui dépassent, de loin, les premières capitalisations européennes.
Lire aussi: L’alliance entre GOOGLE et APPLE autour de l’IA met en lumière les relations de plus en plus incestueuses dans le numériqueMais cette semaine, c’est vers SpaceX, qui a absorbé xAI en début d’année, que les regards se tournent. L’entreprise d’Elon Musk doit effectuer ses premiers pas en bourse le 12 juin et vise la bagatelle de plus de 1750 milliards de dollars de valorisation. Et la demande en titres semble dépasser l’offre. Pourtant, les doutes sont nombreux.
Le succès, s’il se confirme, enverra un signal qui serait positif à ces autres mastodontes. Mais si le cours de SpaceX venait à s’effondrer, il pourrait créer une onde de choc dépassant les marchés financiers. Une déflagration dont le reste du monde n’aurait pas fini de payer les pots cassés avant longtemps.