
Le nouveau président de la banque centrale américaine veut qu’elle communique moins et qu’elle utilise un nouvel indicateur qui tend à montrer que l’inflation est plus basse. Donald Trump risque d’adorer, les marchés probablement moins
Le nouveau président de la Réserve fédérale compte bien réformer en profondeur la banque centrale américaine. Récemment intronisé à ce poste, Kevin Warsh souhaite en particulier adopter une nouvelle mesure de l’inflation, qui reste plus élevée que l’objectif officiel de 2%, et limiter la communication, qui passe aujourd’hui par différents canaux. De quoi préparer le terrain pour une future baisse des taux de référence, avec peut-être aussi davantage de marge de manœuvre et plus de volatilité sur les taux longs. La première réunion du comité de la Fed sous la houlette de Warsh, les 16 et 17 juin, dira dans quelle mesure le nouveau patron a déjà imprimé sa marque sur l’institution.
Le 16 juin, l’inflation américaine passera-t-elle soudainement de 3,3 à 2,3%? Ce ne serait pas le résultat d’une brusque baisse des prix de l’énergie, mais d’un simple changement de mesure. Kevin Warsh souhaite en effet que la Fed se base sur la «moyenne tronquée de l’inflation». Cet indicateur mesure l’inflation dite «core» ou «de base» en bon français, c’est-à-dire ne prenant pas en compte les produits dont les prix varient fréquemment. La moyenne tronquée exclut les valeurs extrêmes, soit ceux dont les prix ont fortement varié durant la période en question, quels qu’ils soient, alors que l’indicateur privilégié jusque-là exclut systématiquement l’alimentation et l’énergie.
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