
Le président américain devrait désigner vendredi Kevin Warsh pour prendre la tête de la Réserve fédérale (Fed), selon plusieurs médias financiers. Cette décision majeure pour la banque centrale intervient alors que Donald Trump multiplie les pressions pour obtenir des taux d’intérêt plus bas
Donald Trump prévoit d’annoncer vendredi le nom de son candidat pour diriger la Réserve fédérale (Fed), une décision majeure pour une institution qu’il ne cesse de bousculer dans l’espoir d’obtenir des taux d’intérêt plus bas.
Plusieurs médias financiers (Bloomberg, Wall Street Journal) ont affirmé jeudi soir, citant des sources anonymes, que le président s’apprêtait à désigner Kevin Warsh, un ancien gouverneur de l’institution monétaire.
Donald Trump lui-même a donné un indice en sa faveur jeudi soir, à l’occasion de la projection en avant-première du documentaire «Melania», consacré à la Première dame. Son candidat sera «une personne exceptionnelle, qui ne surprendra pas trop les gens. Beaucoup, beaucoup de gens pensent que c’est quelqu’un qui aurait pu occuper ce poste il y a quelques années», a-t-il déclaré.
Or Kevin Warsh avait fait partie des personnalités pressenties pour prendre la tête de l’institution en 2018, lorsque Donald Trump avait finalement préféré Jerome Powell – choix que le chef de l’État dit aujourd’hui amèrement regretter.
«Ce sera quelqu’un de très respecté, quelqu’un que tout le monde connaît dans le monde financier. Et je pense que ce sera un très bon choix», a ajouté le président étasunien, accélérant ainsi le calendrier après avoir indiqué quelques heures plus tôt qu’il attendrait la semaine prochaine.
Le mandat de Jerome Powell arrive à échéance en mai. Toute nomination doit être validée par le Sénat à majorité républicaine.
L’enjeu de l’indépendance
L’annonce est très attendue par les marchés financiers tant les décisions de la banque centrale influencent la trajectoire de l’économie américaine.
Donald Trump assume attendre du prochain chef de la Fed qu’il partage ses vues sur la politique monétaire. Il a répété jeudi que les taux d’intérêt étaient pour lui «trop élevés, intolérablement trop élevés».
Mais l’interventionnisme présidentiel risque de rendre son candidat suspect aux yeux des investisseurs. La révélation par Jerome Powell de l’existence d’une procédure du ministère de la Justice à son encontre a récemment suscité l’indignation des milieux économiques et de plusieurs élus républicains, qui y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de l’institution monétaire.
Un ancien «faucon» devenu accommodant
Kevin Warsh a été membre du conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale de 2006 à 2011. Propulsé à ce poste par le président républicain George W. Bush, il était devenu, à 35 ans, le plus jeune gouverneur de l’histoire de la banque centrale.
Il avait démissionné en 2011 en critiquant la poursuite de l’exceptionnelle politique monétaire accommodante adoptée pour soutenir la reprise après la crise de 2008-09. Cela l’avait alors catalogué dans la catégorie des «faucons», un terme qui désigne à la Fed ceux qui sont très attachés à la lutte contre l’inflation et se méfient des taux bas.
Ce point pesait en sa défaveur aux yeux de l’exécutif actuel. Mais il a passé l’année 2025 à envoyer des signaux à la Maison Blanche en plaidant pour des diminutions de taux et en critiquant l’institution monétaire.
Donald Trump avait laissé entendre le mois dernier qu’il envisageait de nommer son conseiller économique Kevin Hassett, avant de faire marche arrière, expliquant avoir besoin de son talent pour défendre ses politiques à la télévision. Outre Hassett et Warsh, les derniers candidats en lice étaient un gouverneur actuel de la Fed, Christopher Waller, ainsi que Rick Rieder, directeur des investissements chez BlackRock.