
ÉDITORIAL. Continuer d’assurer aux élèves une base éducative solide à l’heure de l’IA, tout en leur apprenant à appréhender ces outils: le défi est de taille pour l’école et ses enseignants
C’est un poncif: l’école n’échappe pas aux bouleversements induits par l’intelligence artificielle générative. Mais l’enjeu s’avère à cet endroit-là d’une teneur particulière, puisqu’il est question de l’éducation de toute une génération.
La transformation, en marche, fait surgir des priorités: s’assurer que la formation dispensée est suffisamment robuste pour que les jeunes sachent encore rédiger, raisonner, ou encore faire preuve de créativité en toute autonomie. Et ainsi évitent de se trouver démunis sans aide artificielle. Mais aussi, en parallèle, accompagner les élèves et étudiants dans des moments clés de leur développement pour leur enseigner un usage pertinent de l’IA générative dont ils seraient à même de bénéficier. Ainsi qu’une approche critique, alors qu’en découvrant par eux-mêmes et sans garde-fous, les chatGPT, Claude et Grok pourraient ne représenter pour la nouvelle génération qu’un outil magique.
Un prisme inédit
Pour assurer ces fondamentaux, les classiques comme les nouveaux, la tâche est monumentale pour l’école, avec en première ligne les enseignantes et enseignants: les cours, les devoirs ou encore les évaluations doivent être considérés avec un prisme inédit, puisqu’il s’agit de s’assurer que l’élève n’a pas délégué son travail à l’IA, ou que s’il l’a fait de façon encadrée, il a véritablement compris et appris. Les professeurs doivent également comprendre et maîtriser eux-mêmes suffisamment bien ces technologies, pourtant encore nouvelles et en perpétuelle évolution, pour être capables de transmettre. D’où l’importance qu’ils soient formés continuellement pour une mission qui ne relève évidemment pas que de leur seule responsabilité.
Cette question est prise au sérieux par les autorités scolaires compétentes, avec des objectifs communs en matière d’IA et des applications qui peuvent toutefois différer d’un canton à l’autre et même d’un établissement à l’autre. Mais alors que les programmes en matière d’éducation à l’IA s’élaborent encore, de façon globale et locale, il convient de prendre la mesure de ce que signifierait une société où une partie des jeunes ne seraient pas suffisamment outillés pour apprendre à penser par eux-mêmes. Puisque c’est au fond de cela qu’il est question.