
OPINION. Alors que certains engrangent des profits exceptionnels grâce aux guerres, une question éthique s’impose: les bénéficiaires de ces gains ne devraient-ils pas contribuer à soulager les victimes? écrivent John Gault et Giacomo Luciani, économistes et responsables du Master en négoce de matières premières à l’Université de Genève
La guerre est un fléau, mais pour certains elle s’avère être une occasion des plus rentables. Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine en février 2022, les marchés du pétrole et du gaz ont bondi, permettant aux négociants et producteurs de l’énergie d’engranger des bénéfices historiques. Aujourd’hui, la séquence se répète: en février 2026, lorsque les frappes israélo-américaines ont visé l’Iran, les mêmes matières premières ont de nouveau atteint des sommets, récompensant une nouvelle fois les négociants et les compagnies pétrolières.
La Suisse, et Genève en particulier, se trouve au cœur d’un paradoxe. En abritant les sièges de nombreux négociants en matières premières, notre pays et notre canton bénéficient indirectement de ces profits exceptionnels, tantôt par le biais des salaires élevés, tantôt via les impôts locaux. Mais est-ce justifié?
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