
Si le détroit n’est pas fermé, le droit de le franchir devient incertain, coûteux et négociable. Une zone grise dont les armateurs, les négociants et, au bout de la chaîne, les consommateurs, paient déjà le prix
Le message promettait une sortie sans encombre du Golfe. Il suffisait d’envoyer les documents du navire, puis d’acquitter en bitcoin ou en tether le montant fixé pour obtenir une «autorisation». La société grecque de gestion des risques maritimes Marisks avertissait récemment que plusieurs compagnies avaient reçu cette offre frauduleuse, attribuée à tort aux autorités iraniennes. A ce moment-là, des centaines de bâtiments et près de 20 000 marins étaient immobilisés dans la région. Avant le conflit, environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitait par Ormuz.
Frédéric Lasserre, professeur à l’Université Laval et spécialiste de la géopolitique des transports, souligne auprès du Temps qu’«il y a bien un marché du transit, mais pas sous la forme d’un marché organisé de «droits de passage» où les navires achèteraient un permis pour franchir le détroit d’Ormuz.» Le «marché gris» se trouve plutôt dans l’empilement de prix, d’intermédiaires et de permissions plus ou moins reconnues qui s’est formé autour du passage.
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