Le procès de l’ancien patron de Raiffeisen a démarré à Zurich
Pierin Vincenz comparait devant la Cour suprême de Zurich pour des faits présumés d’escroquerie, de corruption et de gestion déloyale. Le procès se déroulera dans un premier temps durant les prochaines deux semaines
La rentrée a définitivement sonné ce matin à la Cour Suprême de Zurich. Alors que les températures étaient encore clémentes, une centaine de personnes attendaient devant le bâtiment. Et vers 7h40, l’ancien directeur général de la banque Raiffeisen, Pierin Vincenz est arrivé dans une petite voiture bleu foncée conduite par son avocat. En costume, sans cravate, tenant un sac à la corde blanche et rouge – le même qu’il avait lors de son premier procès en 2022-, le Grison affichait un visage impassible, qui n’a presque pas changé depuis sa dernière parution publique. Il n’a toutefois pas souhaité répondre aux questions des journalistes présents.
Il y a quatre ans, l’ex patron de Raiffeisen avait été condamné à une peine de prison ferme de 3 ans et 9 mois. Le tribunal de première instance avait alors retenu les chefs d’accusation d’escroquerie, de corruption et de gestion déloyale. Un jugement contre lequel l’ancien chef emblématique de la coopérative saint-galloise a fait recours. Les autres prévenus, dont Beat Stocker, un ancien dirigeant de l’entreprise Aduno, ayant été condamné à quatre de prison, ont également fait appel.
Le procès en appel a ainsi débuté à 8h tapantes, dans une grande salle où tous les sièges étaient occupés. En raison du grand intérêt, les séances sont également retransmises en direct par vidéo dans deux autres salles du tribunal. C’est le juge du tribunal de la Cour Suprême Christian Prinz (PVL), aux côtés de deux autres collègues, l’une de l’UDC et l’autre du PLR qui dirigera les séances qui s’étendront sur au moins deux semaines. «Au vu du programme très serré des prochains jours, il n’y aura pas de décision à l’issue de cette période», a déclaré Christian Prinz après avoir expliqué les grandes lignes de la procédure.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, le juge a notamment présenté la traductrice pour le prévenu francophone. Ce fait n’est pas anodin. En 2024, le jugement du tribunal de district de Zurich avait dans un premier temps été annulé, notamment parce que l’acte d’accusation n’avait pas été traduit en français. Après recours, le Tribunal fédéral avait cependant décidé de reconnaître le jugement prononcé en 2022.
D'abord, l’examen des questions préliminaires
La première journée d’audience est dédiée à des informations générales et l’examen des questions préliminaires. Cela donne la possibilité à la défense des accusés de présenter leurs arguments. C’est l’avocat de Pierin Vincenz, Lorenz Erni, qui a en premier pris la parole. Tout comme Andreas Blattmann, l’avocat de Beat Stocker, qui s’est adressé aux juges après lui, il critique le jugement et l’acte d’accusation du parquet. La défense estime également que certains faits sont déjà prescrits.
Les deux principaux coaccusés de ce procès, Pierin Vincenz et Beat Stocker, sont soupçonnés d’avoir encouragé des rachats d’entreprises dont ils détenaient des parts (sans que leurs participations soient connues) pour le compte des sociétés pour lesquelles ils travaillaient. Raiffeisen pour le premier et Aduno (une filiale de la banque) pour le second. Les deux hommes auraient empoché des plus-values aux dépens de leurs employeurs.