
Le réchauffement climatique impose une nouvelle équation au secteur immobilier: réduire les émissions tout en adaptant des bâtiments vulnérables aux canicules. Un défi qui nécessitera des investissements massifs et une redéfinition des priorités de rénovation
Les épisodes de canicule qui se succèdent ont rappelé une réalité longtemps sous-estimée: le parc immobilier suisse, conçu historiquement pour protéger du froid, est de plus en plus vulnérable en cas de fortes chaleurs. Appartements surchauffés, premières demandes de baisse de loyer liées à l’inconfort estival, locataires démunis: le phénomène, encore récent dans le pays, s’installe durablement dans le débat public.
Une question revient dès lors: la rénovation énergétique, présentée depuis des années comme le pilier de la transition climatique du bâtiment, peut-elle répondre à ces épisodes de chaleur extrême? La réponse des professionnels est nuancée. «Pendant des décennies, toute notre culture constructive a été uniquement orientée vers l’hiver», résume Boris Clivaz, directeur de Gefiswiss, gérant d’actifs spécialisé dans les investissements en immobilier durable. «Désormais, il faut aussi penser à l’été.»
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