
CHRONIQUE. Suite à la grande crise financière de 2008, les banquiers centraux étaient devenus plus bavards, donnant des indications sur l’orientation monétaire à attendre et pratiquant la «Forward Guidance». Le nouveau président de la Fed pourrait bien rompre avec cette pratique
«Si vous me comprenez, c’est que je me suis mal exprimé». Cette phrase, il est fort possible que vous l’ayez entendue la semaine dernière, suite au décès d’Alan Greenspan, à l’âge respectable de 100 ans. Celui qui a présidé la Réserve fédérale de 1987 à 2006 était en effet un banquier central mutique qui estimait que le marché ne devait pas pouvoir anticiper dans quelle direction le pendule monétaire allait se mouvoir.
Ce principe a volé en éclats après le krach boursier de 2008, un événement qui a d’ailleurs quelque peu entaché le CV de celui qui était surnommé le «maestro». De nombreux économistes lui reprochaient de ne pas avoir su venir la crise des crédits pourris, critique qui sera quelque peu nuancée plus tard. Toujours est-il que face à la menace d’effondrement du système financier mondial, son successeur Ben Bernanke, qui sera lauréat du prix Nobel d’économie en 2022, change radicalement de méthode. Il adopte une approche dite non conventionnelle qui consistera à inonder le marché de liquidités pour éviter la paralysie des marchés financiers. Et puis, Il se révèlera par ailleurs beaucoup plus loquace que son prédécesseur, introduisant la pratique de la «Forward guidance» (communication prospective), qui revient à laisser entrevoir la ligne suivie par la Fed pour lisser les anticipations des investisseurs.
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