
Les canicules ne menacent pas seulement notre santé et l’environnement. En Suisse, les pertes de productivité liées à la chaleur coûtent près de 665 millions de francs par an. Mais la facture est en réalité bien plus élevée. Explications
Six cent soixante-cinq millions de francs. C’est le coût estimé des canicules chaque année en Suisse, rien qu’en pertes de productivité au travail, selon une étude de l’EPFZ réalisée en 2022. Un chiffre déjà élevé, mais qui ne représente en réalité qu’une partie de la facture climatique. A cela s’ajoutent les coûts liés à la santé, à l’agriculture, aux infrastructures et à l’énergie, entre autres.
Sur le plan sanitaire, les vagues de chaleur aggravent les maladies cardiovasculaires et respiratoires, entraînent des hospitalisations supplémentaires et provoquent des décès prématurés. L’agriculture est elle aussi directement touchée, avec des besoins d’irrigation plus importants, des coûts plus élevés pour nourrir le bétail et des pertes de récoltes lors des épisodes les plus intenses. Les infrastructures, elles, subissent aussi les effets de la chaleur: rails qui se dilatent, routes qui se fissurent ou perturbations dans les réseaux ferroviaire et routier, avec des besoins accrus de maintenance. Enfin, la consommation d’électricité augmente fortement avec la climatisation et la ventilation, ce qui peut mettre sous pression le système énergétique lors des pics de chaleur.