
La religion joue un rôle central dans l’administration Trump et le mouvement MAGA (Make America Great Again). L’écrivaine américaine décrit avec alarmisme le risque de voir un nationalisme chrétien violent détruire la démocratie états-unienne
Lors du traditionnel petit-déjeuner national de prière (National Prayer Breakfast) qui réunissait des leaders religieux, politiques et économiques le 5 février dernier au Capitole à Washington, Donald Trump a été catégorique: «J’ai fait plus pour la religion que n’importe quel autre président.» Son administration se présente comme la plus encline à défendre la liberté religieuse. Comme le souligne le New York Times, elle a créé une Commission pour la liberté religieuse, a augmenté le soutien financier aux écoles religieuses et changé la politique vaccinale pour se plier aux exigences de certains milieux religieux. Donald Trump a aussi ordonné, le jour de Noël, le bombardement de groupes au Nigeria qu’il décrit comme des terroristes tuant des chrétiens. Aux Etats-Unis, le président américain fait toutefois une exception: il fustige les musulmans. «Je pense que l’islam nous déteste», dit-il. Dans cette logique, il méprise la diaspora somalienne fortement installée dans l’Etat du Minnesota. Il décrit comme une «ordure» l’élue démocrate à la Chambre des représentants Ilhan Omar, d’origine somalienne. Ces propos ne surprennent pas l’écrivaine et journaliste américaine Katherine Stewart,qui s’est longuement penchée sur la droite religieuse américaine à laquelle elle a consacré de nombreux livres. Récemment invitée à Genève au Festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH), elle a rencontré Le Temps.
Le Temps: Dans votre récent livre «Money, Lies, and God», vous évoquez le risque d’un nihilisme réactionnaire, un mouvement de droite visant à détruire la démocratie américaine qui fait pleinement partie du mouvement MAGA. Est-ce le projet que l’administration Trump a pour l’Amérique?
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