
Lors du Real Estate Meeting 2026 à Ecublens, experts et professionnels ont dressé un constat lucide face au réchauffement climatique. L’immobilier suisse doit se réinventer, sous peine de voir une partie de son parc perdre en attractivité et en habitabilité
Le constat est sans détour. Réunis au SwissTech Convention Center d’Ecublens, à l’occasion du Real Estate Meeting (REM) 2026, économistes, ingénieurs, investisseurs et autorités ont dressé un portrait sans concession du parc immobilier suisse. Entre multiplication des événements extrêmes et pression réglementaire croissante, le secteur entre dans une zone de turbulences durable. «Le changement climatique est déjà une réalité tout ce qu’il y a de plus concrète», rappelle Corinne Dubois, économiste chez Wüest Partner. Le franchissement, pour la première fois, du seuil des 1,5 °C en 2024 au niveau mondial (et déjà plus de 2 °C en Europe) n’est pas qu’un indicateur climatique, il se traduit par des effets directs sur les bâtiments, les villes et les investissements immobiliers.
Les événements récents en Suisse en témoignent. Pluies diluviennes dans les Alpes, tempête à La Chaux-de-Fonds, effondrement glaciaire à Blatten… Autant d’épisodes qui illustrent la montée des risques physiques. Aujourd’hui, près de 20% des bâtiments sont exposés à des précipitations intenses, une proportion qui pourrait atteindre 50% d’ici à 2050. «Un risque qui était localisé devient structurel», résume Corinne Dubois. Cette évolution se reflète d’ailleurs déjà dans les coûts: depuis les années 1990, les sinistres liés aux éléments naturels augmentent en Suisse, avec en moyenne 30 millions de francs d’indemnisations annuelles mais une forte volatilité selon les années, commente l’ECA Vaud.
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