
Le dirigeant de Jaeger-LeCoultre, Jérôme Lambert, décrit un monde dont le code a changé. La logique géographique qui prévalait n’est plus en phase avec une clientèle qui fonctionne maintenant par affinités. Tout le défi est de la trouver à travers les mailles de la géopolitique
Jaeger-LeCoultre fait partie des marques très observées. Depuis que son propriétaire, le genevois Richemont, s’est séparé de Baume & Mercier fin janvier, la rumeur court que le groupe chercherait aussi à revendre «la LeCoultre» – son petit nom à la vallée de Joux. Le Temps a évidemment posé la question à son directeur Jérôme Lambert, qui ne se prononce pas, pas plus que le siège de Richemont. Si une transaction devait avoir lieu, elle marquerait un tournant: Jaeger-LeCoultre est plus qu’une digne maison en activité depuis plus de 190 ans, c'est un pilier de la renaissance de l’horlogerie en Suisse et de la construction de Richemont (le rachat remonte à 1999).
Le site du Sentier (vallée de Joux) est surtout un modèle d’intégration, avec près d’un millier d’employés. Jérôme Lambert lui-même en donne le détail: «La manufacture du Sentier rassemble aujourd’hui 235 savoir-faire, plus de 1400 calibres développés depuis l’origine – dont 50 actuellement en production. Notre manufacture Atelier compte 82 ateliers, plus de 108 métiers, dont 69 «signatures» [des savoir-faire classés distinctifs, ndlr].» Autrement dit, de quoi entrer de plain-pied dans la haute horlogerie.
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