
La capitale du Bade-Wurtemberg s’inquiète des difficultés actuelles de l’industrie automobile qui a fait sa prospérité. Les annonces de plans de licenciements chez Mercedes-Benz ou Bosch plombent le moral à la veille d’importantes élections régionales ce dimanche
Stuttgart, la capitale du Bade-Wurtemberg, voisine de la Suisse, est LA ville de l’automobile. C’est ici que, à la fin du XIXe siècle, les ingénieurs Carl Benz et Gottlieb DAIMLER ont inventé la voiture à moteur thermique. Un siècle et demi plus tard, tout dans cette ville, à l’image de l’avenue Mercedes et de ses rues DAIMLER et Porsche, rappelle non seulement cet héritage, mais aussi le poids économique encore déterminant de cette industrie. Celle-ci emploie 240 000 personnes dans la région de Stuttgart-Neckar, soit un salarié sur cinq.
Sauf que le doute commence à percer dans cette ville parmi les plus aisées du pays. C’est notamment le cas dans le quartier de Waiblingen, où l’usine de l’équipementier automobile Bosch va fermer d’ici à 2028. Devant les portes, les salariés qui viennent prendre leur service ont la gueule de bois. «L’ambiance est très mauvaise», lance un technicien d’une trentaine d’années, qui dit vouloir travailler en Suisse. Un peu plus loin, Kai, 35 ans, salarié depuis treize ans chez Bosch, confirme. «Je pensais faire carrière ici, mais ça devient très compliqué de se projeter dans l’automobile, surtout dans la production», lance ce père de deux enfants qui espère faire partie des 220 salariés, sur les 560 du site de Waiblingen, à qui un poste devrait être proposé dans une autre usine de Bosch. «La direction n’a aucune intention de conserver le site de Waiblingen», regrette de son côté Stefano Mazzei, représentant des salariés. «Elle tente de faire le plus d’argent possible et a perdu son image de société sociale», commente-t-il.
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