
Après la création par Donald Trump d’une nouvelle taxe de 15% à l’échelle mondiale faisant suite à l’invalidation de sa politique douanière par la Cour suprême, la Chine demande leur levée et dit suivre la situation de près
La Chine a dit lundi évaluer les conséquences de la décision de la cour suprême américaine d’invalider une grande partie des droits de douane instaurés par le président américain Donald Trump. Elle a pressé Washington de lever les mesures commerciales «unilatérales».
«Nous avons pris note de la décision de la cour suprême des Etats-Unis sur les droits de douane et nous procédons actuellement à une évaluation complète de son contenu et de son impact», a dit le ministère chinois du commerce dans un communiqué.
«Nous avons également noté que les Etats-Unis projettent des mesures alternatives, comme des enquêtes commerciales, afin de maintenir la hausse des droits de douane sur leurs partenaires commerciaux. La Chine continuera à suivre de près cette situation et à défendre résolument ses intérêts», a-t-il prévenu. La Chine, deuxième économie mondiale et partenaire commercial primordial des Etats-Unis, a été particulièrement visée par la politique agressive de droits de douane menée par Donald Trump après son retour à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Donald Trump irait en Chine fin mars
Les deux pays se sont livré pendant des mois une véritable guerre commerciale aux répercussions mondiales, à coups de droits de douane et de restrictions diverses, avant que le président américain et son homologue chinois Xi Jinping ne s’accordent en octobre sur une trêve dont les experts soulignent la fragilité.
La cour suprême des Etats-Unis a retoqué vendredi une grande partie des droits de douane instaurés par Donald Trump, jugeant que l'«urgence économique» invoquée pour se passer de l’aval préalable du Congrès n’était pas avérée.
Les retombées de cette décision demeurent incertaines. A la suite du revers infligé par la cour suprême, Donald Trump a décrété une nouvelle taxe douanière mondiale de 15% censée entrer en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, avec des exemptions sectorielles.
Donald Trump se rendra en Chine du 31 mars au 2 avril, selon un responsable de la Maison-Blanche. La Chine n’a pas confirmé cette visite.
Les accords subsisteront, affirme le représentant américain au commerce
Le représentant américain au commerce Jamieson Greer a dit dimanche s’attendre à ce que subsistent les accords commerciaux conclus avec la Chine, mais aussi l’Union européenne et d’autres pays. Il a assuré que la visite de Donald Trump prévue en Chine ne devait pas être l’occasion d’un bras de fer commercial, mais qu’il s’agissait de «superviser l’accord» passé avec Pékin.
«Les droits de douane réciproques, les droits de douane sur le fentanyl et les autres mesures unilatérales imposées par les Etats-Unis violent les règles économiques et commerciales internationales ainsi que le droit national américain et ne servent les intérêts d’aucune partie», a dit le ministère chinois du commerce.
Certaines des taxes imposées par le gouvernement américain à la Chine ont été justifiées par la responsabilité qu’il impute à la Chine dans le trafic de fentanyl aux Etats-Unis. Le fentanyl, analgésique opioïde très puissant utilisé en médecine, est détourné en tant que drogue et est à l’origine de nombreux décès aux Etats-Unis.
Le ministère a répété le mantra officiel chinois selon lequel «la coopération entre Chine et Etats-Unis profite aux deux parties. La confrontation fait du tort aux deux parties».