«Investir plus dans les personnes et moins dans les choses»: la Chine prisonnière de son trop-plein industriel et de la prudence des ménages
Malgré sa capacité d’innovation technologique, Pékin se cramponne à son vieux logiciel: produire et exporter massivement tout en négligeant le pouvoir d’achat national. Des voix s’élèvent pour transformer radicalement ce modèle de croissance
Déambuler dans les allées vides d’un Ikea a de quoi donner le cafard. Dans celui de Tianjin, à 170 kilomètres de Pékin, les chambres témoins ont été dépouillées de leurs derniers meubles. Le jour de notre visite, l’enseigne suédoise s’apprête à fermer sept de ses 41 magasins à compter du 6 février. «On ne vient que pour acheter des ustensiles de cuisine, des plantes en promo et se balader», résume ce père de famille, très heureux d’achever le tour du magasin par une glace à un 1 yuan (11 centimes) et un hot-dog à 4, proposés juste après les caisses. A côté, ce couple de trentenaires vient d’acquérir un canapé bleu à moitié prix, leur premier vrai achat chez Ikea, dont ils connaissent néanmoins la cafétéria par cœur: «On vient surtout pour y manger le week-end».