
Une enquête d’UBS auprès de 300 entreprises montre qu’elles misent sur un franc fort tout au long de cette année. L’euro évoluerait autour de 91 centimes, le dollar, de 78 centimes
Les entreprises suisses s’attendent à devoir composer avec un franc suisse toujours vigoureux cette année, en particulier au regard de l’euro. Les économistes d’UBS se montrent quant à eux un peu moins pessimistes quant à l’évolution de la devise helvétique.
Dans la nuit de lundi à mardi, l’euro évoluait à un très bas niveau, une unité de la devise européenne valant 0,9124 franc. Mardi vers 11h, elle se négociait toujours à 0,9123 franc. Le dollar, qui a lui aussi atteint un plus bas de plusieurs années à fin janvier à 0,7605 franc ne faisait guère mieux, notant à 0,7785 franc.
L’euro à 91 centimes
Selon une enquête d’UBS dévoilée mardi et menée à la fin de l’automne dernier auprès de 300 entreprises, ces dernières continuaient de tabler sur un franc fort tout au long de 2026, l’euro devant ainsi se négocier autour de 91 centimes. Le dollar devrait lui valoir quelque 78 centimes.
Les économistes du numéro un bancaire helvétique tablent en revanche sur un euro un peu plus fort par rapport au franc, anticipant un cours de 0,95 franc par rapport à la monnaie unique. L’évaluation des experts d’UBS se base essentiellement sur l’hypothèse d’une accélération de l’économie allemande. Si cette reprise ne devait se matérialiser la devise européenne pourrait alors plonger autour de 0,90 franc, dans un environnement aussi marqué par de nombreux risques économiques et géopolitique.
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Concernant le dollar, un impact modeste
Concernant le billet vert, ni les entreprises interrogées ni les économistes d’UBS ne s’attendent à une nouvelle forte dépréciation au regard du franc. A court terme, un nouvel assouplissement de la politique monétaire américaine pourrait encore peser sur le dollar. Si la Réserve fédérale américaine (Fed) termine son cycle de baisse des taux au cours de l’année et que la croissance des Etats-Unis demeure solide, le dollar devrait rester soutenu. Moins de 2% des entreprises s’attendent à un retour du taux USD/CHF au niveau de début 2025, soit 0,90 franc.
UBS relativise toutefois fortement l’impact négatif d’une forte appréciation du franc par rapport au dollar pour les entreprises suisses, l’affaiblissement de la devise américaine ayant même un effet favorable. Les Etats-Unis ne représentent le principal marché d’exportation que pour une minorité de sociétés orientées vers l’export, tandis que les firmes importatrices profitent même de la vigueur du franc, explique UBS.
Pour l’heure, les exportations sont toujours rentables
Pour les exportateurs dont la principale devise de vente est le dollar, le mouvement de change a eu un impact fortement négatif pour la moitié d’entre eux – notamment parce qu’à l’appréciation du franc s’est ajouté une nette hausse des droits de douane américains, ajoute la banque aux trois clefs. Malgré ce fardeau, seuls 11% déclarent que les exportations vers les Etats-Unis ne sont actuellement pas (plus) rentables avec un taux de change de 0,75 à 0,79 franc pour un dollar. Si le taux tombait dans la fourchette de 0,70 à 0,75, près de la moitié de ces entreprises jugeraient les envois vers le pays de l’Oncle Sam non rentables.
De manière générale, les entreprises sondées se veulent prudentes quant à leurs perspectives de croissance cette année, même si à la faveur de la déclaration d’intention conclue à la mi-novembre entre la Suisse et les Etats-Unis, la part des sociétés prévoyant un ralentissement de leurs affaires cette année s’est réduite à 25%, contre plus de 30% jusqu’alors. Il n’en reste pas moins que davantage d’entre elles anticipent une croissance plus faible qu’une croissance plus forte en 2026.
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Une croissance inférieure à la moyenne cette année
Les économistes d’UBS prévoient quant à eux une croissance inférieure à la moyenne de 0,9%, faute d’impulsions de la demande extérieure. Une reprise en Allemagne devrait permettre à l’économie suisse de retrouver sa tendance à long terme dès le second semestre 2026 et atteindre 1,5% en 2027, soit le bas de la fourchette de la croissance tendancielle. Au-delà, le produit intérieur brut helvétique pourrait souffrir d’un transfert d’une partie de la production pharmaceutique vers les Etats-Unis dans les prochaines années.
En matière de taux directeur de la Banque nationale suisse, les experts d’UBS anticipent le statu-quo, ni une croissance inférieure à la moyenne ni une faible inflation ne justifiant un passage en territoire négatif.
La volatilité devrait rester de mise sur le marché des changes, environ deux tiers des entreprises tablant cette année sur un risque de change similaire à celui de l’année précédente, tandis qu’un quart anticipe une augmentation des risques. Les événements politiques et géopolitiques sont considérés comme les principaux moteurs de cette évolution.