
OPINION. Après être tombé par hasard sur un aspirateur vintage, l’entrepreneur et consultant en informatique Ludovic Pirker s’est demandé qui construirait, aujourd’hui, à prix cassé, les pièces du prochain aspirateur dans les usines rapatriées
A l’ouverture d’un placard dans un vieux chalet, je suis tombé sur une imposante brique à roulettes des années 1970: un aspirateur vintage. Ma curiosité me détournant des tâches ménagères, je fis quelques recherches. J’appris que la marque n’existait plus, rachetée avant de finalement cesser ses activités; que la teinte atypique des matériaux était due à des mines et raffineries du nord de l’Europe aujourd’hui désaffectées; que l’usine de production avait été délocalisée, et le lieu réinvesti en centre culturel. «Plus du double de mon âge et ça vit encore! Quel bel ancêtre!» me suis-je dit plein d’insolence, avant de tester mon antiquité.
Et force est de constater qu’il fonctionne très bien, compte tenu des moyens rustiques de l’époque. Je passais alors l’aspirateur et ne pus m’ôter de la tête un vaste tableau – ma formation EPFL en microtechnique y étant sans doute pour quelque chose. Je pensais à ces milliers de modèles différents qui se sont succédé, à la globalisation de la production, aux mergers & acquisitions, aux millions de personnes qui se sont agitées pour élaborer, conceptualiser, fabriquer l’aspirateur du futur… Pour parvenir, un demi-siècle plus tard, à un aspirateur supermoderne: un aspirateur qui aspire.
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