
CHRONIQUE. Comme le montre l’économiste Joel Waldfogel dans «Scroogenomics», une grande partie de nos cadeaux de Noël sont peu satisfaisants. Derrière la magie des Fêtes se cache un mécanisme étonnamment inefficace
Si je vous demande ce que vous avez reçu à Noël dernier, il est probable que vous hésitiez un instant. Et vous ne seriez pas un cas isolé: un sondage OpinionWay révèle qu’un Français sur trois ne se souvient déjà plus des cadeaux reçus. Si l’anecdote peut faire sourire et qu’oublier ne veut pas dire que le cadeau n’avait pas de valeur à nos yeux, cette réalité dit quelque chose d’essentiel sur l’efficacité réelle de nos offrandes: la plupart du temps, nous manquons notre cible.
Comme le montre l’économiste Joel Waldfogel dans Scroogenomics. Why You Shouldn’t Buy Presents for the Holidays, nos cadeaux procurent de la joie… et détruisent surtout beaucoup de valeur au passage. Pas par méchanceté ou mauvaise volonté, mais parce que l’acte d’offrir repose souvent sur une asymétrie d’informations fondamentale. Celui qui offre ne sait pas ce que veut vraiment celui qui reçoit. Résultat: un objet acheté 100 francs ne procure parfois que 70 francs de satisfaction réelle. Le reste est perdu. Autrement dit, l’argent dépensé aurait pu être mieux utilisé. Selon les études présentées par Joel Waldfogel dans son livre, cette inefficacité représente entre 13% et 34% de la valeur dépensée.
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