
Après la démission du premier ministre français, l’écart de taux entre les dettes française et allemande a approché son point le plus haut depuis 2012. Une réaction des marchés face à l’incapacité des autorités françaises à mener des réformes, alors que l’endettement public atteint un niveau record
Quelques heures après avoir dévoilé la composition de son gouvernement, le premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé sa démission ce lundi matin. Une annonce qui n’a pas manqué de provoquer une réaction sur le marché de la dette. Le rendement des obligations françaises à 10 ans a augmenté de 11 points de base dans la matinée pour atteindre 3,61%, avant de se stabiliser. Une hausse qui a également porté l’écart du coût d’emprunt (ou spread) entre la France et l’Allemagne – dont la dette est considérée comme une des moins risquées en Europe – à 89 points de base. Un niveau quasiment équivalent au pic de 90 points de base observé en 2024, le plus haut depuis 2012 et la crise de la dette dans la zone euro.
«Il s’agit du quatrième gouvernement depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin de l’an passé. On est donc sur un enchaînement historique. Au regard des mouvements très forts que l’on observe sur l’euro et au niveau des écarts entre l’OAT (Obligations Assimilables du Trésor, dette émise par le gouvernement français) et le bund (obligation d’État allemand), il semble que ce soit la goutte d’eau qui fait déborder le vase», analyse John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement pour la banque Cité Gestion.
Voir plus