Quelles peuvent être les répercussions de l'attaque américaine contre l'Iran sur le prix du pétrole ?
Alors que certains indicateurs laissaient entrevoir un apaisement des tensions inflationnistes, la situation géopolitique du Moyen-Orient – et notamment l’action militaire des Etats-Unis contre l’Iran le 22 juin – est venue raviver l’incertitude, entraînant une nouvelle hausse des prix de l’énergie. Le baril de Brent s’est retrouvé au-dessus des 77 dollars (au 23 juin). Bien que le transit du pétrole brut via le détroit d’Ormuz – au large de l’Iran – se poursuive jusqu'à présent, les marchés redoutent une perturbation majeure si le conflit venait à s’enliser. Les Etats-Unis ont averti que toute tentative de fermeture de ce passage stratégique, par lequel transitent environ un quart des approvisionnements mondiaux, constituerait un « suicide économique » pour l’Iran. Si les parlementaires iraniens ont approuvé un projet de fermeture du détroit, ce vote reste symbolique : la décision finale appartient aux dirigeants du régime. Depuis fin mai, les prix du brut ont bondi d’environ 25 %. Ce mouvement s’explique en partie par l’atténuation des craintes liées aux tensions commerciales mondiales, mais surtout par l’intensification soudaine du conflit au Moyen-Orient. Une fermeture effective du détroit provoquerait un choc pétrolier majeur, ravivant la menace inflationniste. Le souvenir de la flambée des prix consécutive à l’invasion russe de l’Ukraine reste vivace, le Brent ayant alors frôlé les 120 dollars. Pour l’heure, la progression du brut demeure contenue. Néanmoins, la tendance haussière marque un tournant pour les marchés de l’énergie. Au Royaume-Uni, les prix du gaz restent eux aussi à des niveaux inédits depuis début avril, en raison des inquiétudes concernant une interruption de l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié en provenance du Moyen-Orient.