
Son surnom c’est «Jojo La Montre». Il piste les montres vintage depuis qu’il a 18 ans et a décidé d’en faire son métier. A sa façon, sérieusement sans se prendre au sérieux, et en restant sur des prix accessibles. Il passe sa semaine horlogère genevoise chez Manor
Il s’appelle Joël Laplace, mais tout le monde l’appelle Jojo La Montre. Un surnom de brocanteur gouailleur sympathique qui lui colle à la peau. Et il a passé toute la semaine horlogère à Genève, d’une drôle de manière. Son stand est le seul à sentir bon le parfum, bien calé entre Dior et Sephora au rez-de-chaussée de Manor, rue de Coutance. Ou faudrait-il dire «Placette», nom historique de l’enseigne, que Jojo La Montre a repris dans toute sa communication? Un clin d’œil à son cœur d’affaires: la montre vintage accessible, entre 300 et 3000 francs. Il se tient donc là, bonnard et alerte, au milieu de vitrines de couleur bourrées de trouvailles, montres, loupes, couteaux, cendriers.
Joël Laplace, 34 ans, Genevois expatrié à Neuchâtel, pourrait en ce moment traîner ses guêtres dans les salons feutrés de Palexpo. Une carrière l’attendait au sein de marques de prestige, mais il lui a tourné le dos pour vivre une autre passion. Il est jeune, mais la montre est déjà une histoire ancienne. Lorsqu’il a 16 ans, un camarade du cycle d’orientation porte une TAG Heuer Formula 1 cadran bleu à quartz qui lui tape dans l’œil. Joël économise et s’offre la même. Le pli est pris: chaque été de sa courte vie scolaire, il met la paie de son job d’été dans une nouvelle montre.
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