
CHRONIQUE. Grâce au progrès technique et à la mondialisation, qui ont démocratisé l’accès au chauffage, l’humanité combat beaucoup mieux le froid
Durant l’hiver, face au froid qui règne dehors, la tentation est grande de rester chez soi, dans son nid douillet. Ce réflexe, qui nous paraît aller de soi, est en réalité une évolution moderne. Dans Le Peuple des frileux Olivier Jandot et Renan Viguié démontrent que «cela ne fait qu’une cinquantaine d’années que le chauffage central est devenu une chose banale transformant la maison en ce doux cocon». Loin d’être un détail, cette évolution change la vie de l’humanité, qui fait partie des «animaux endothermes», capables de développer des stratégies pour que la température de son corps se situe proche des 37 °C. Car longtemps, ces tentatives furent peu efficaces.
Au XIXe siècle, il n’était pas rare d’observer des engelures sur les pieds, les mains, le nez ou les oreilles des habitants qui n’avaient pas accès à des habits suffisamment chauds en hiver. Si la situation des «déshérités de la protection thermique» était plus précaire que celle du reste de la société, ils étaient loin d’être les seuls à souffrir du froid à l’époque. Le moindre hiver un peu rude laissait derrière lui des morts de froid, figés au bord de la route, ou découverts une fois la neige fondue au printemps. Le risque de mourir dans ces périodes était encore plus grand quand on voyageait et était intégré comme une fatalité.
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