
Le joaillier romain, propriété du groupe LVMH, est passé en quelques années d’une maison familiale à une grande puissance industrielle. La bijouterie est réalisée dans le Piémont, sur un site grand comme un campus universitaire. Suivez le guide
Vue du ciel, la fabrique de bijoux Bulgari de Valenza, dans le Piémont, ressemble à une centrale photovoltaïque. Sous le champ de panneaux solaires, il y a un parking assez grand pour accueillir les plus de 1200 employés du site. Vu du sol, le site ressemble à un palais des glaces, avec ses grands bâtiments lisses et chics, qui domine le Pô d’une butte. En continuant vers le sud, on tombe sur Alessandria, patrie d’Umberto Eco. Un peu plus au nord, il y a les plaines où Giuseppe De Santis réalisa Riz amer en 1949, l’histoire d’un vol de faux collier qui tourne au drame social. Mais ici tout est doux, même le soleil de printemps que les bâtiments miroirs concentrent comme un feu.
Le campus paraît immense et démesuré par rapport à la taille des bijoux qui en sortent. La première impression est en superlatif. Le sentiment est juste: Bulgari présente le lieu comme le plus important centre de production de joaillerie d’Europe. La manufacture a été inaugurée en 2017 et les murs ont déjà été repoussés, pour dépasser maintenant quatre terrains de foot et demi. Voilà ce qui se passe quand le colosse LVMH prend sous son aile un joaillier romain longtemps en mains familiales – le groupe parisien a racheté la maison en 2011 pour 4,3 milliards d’euros (5,6 milliards de francs au moment de l’achat).
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