
Moins attentif aux marchés actions que durant son premier mandat, le président américain sait qu’une hausse des taux longs plomberait l’économie, menacerait la mise en place de son programme et le fragiliserait en vue des élections de mi-mandat
Ce n’est pas un hasard si, la semaine passée au WEF de Davos, Donald Trump a menacé de «riposter sévèrement». Riposter à quoi? A la possibilité que les pays européens vendent des actifs financiers américains en réaction à sa menace d’infliger de nouveaux tarifs douaniers à ceux qui contesteraient sa prise de contrôle du Groenland. Les pays du Vieux-Continent détenant environ 40% de la dette publique américaine en mains étrangères – soit plus de 3600 milliards de dollars –, ils pourraient provoquer une pression à la hausse sur les taux d’intérêt à long terme américains, en plus d’une perte de valeur du dollar. Or les taux longs sont l’indicateur le plus regardé par le président américain. Peut-être la seule chose qui lui fasse réellement peur.
Pourquoi? Car avec une dette de 38 400 milliards de dollars, toute hausse des taux d’intérêt augmente le coût de son financement, déjà colossal. «La dette détenue par le public représente autour de 100% du PIB et devrait atteindre 120% en 2035. Son coût devrait osciller entre 1000 et 1200 milliards pour 2026, soit 3,3% du PIB, puis augmenter encore», résume Valentin Bissat, chef économiste chez Mirabaud AM. Cette dette augmente de quelque 6 milliards par jour, ou 71 750 dollars par seconde.
Voir plus