
CHRONIQUE. Les Etats-Unis vont bientôt contrôler environ un tiers des capacités mondiales de GNL, bien plus que le Qatar. Sous l’administration Trump, le GNL est devenu un outil de politique étrangère, écrit Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Center on Global Energy Policy de l’Université Columbia
Depuis l’arrivée de l’administration Trump en janvier 2025, plus de 110 milliards de mètres cubes par an de capacités d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) ont fait l’objet d’une décision finale d’investissement. C’est l’équivalent du volume transitant habituellement via le détroit d’Ormuz, qui nous fait si cruellement défaut actuellement.
L’une des premières mesures du président Trump, début 2025, fut de rétablir les autorisations d’exportation pour de nouveaux projets de liquéfaction, mises en pause en 2024 par l’administration Biden. Ceci dit, le GNL américain occupait déjà une position dominante: premier exportateur mondial, son leadership était consolidé par de nombreux projets en construction, pour la plupart validés sous l’ère Biden. Mais l’ajout des nouveaux projets depuis dix-huit mois transforme cette domination en suprématie: à terme, les Etats-Unis contrôleront environ un tiers des capacités mondiales de GNL, soit plus du double du Qatar – si ce dernier parvient à concrétiser ses projets d’expansion. Ironiquement, les Etats-Unis capitalisent sur les déboires du Qatar en se présentant comme un fournisseur fiable pour promouvoir davantage de projets.
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