
Certains économistes craignent une deuxième vague de hausse des prix au deuxième semestre, tirée notamment par les investissements massifs dans l’IA. D’autres sont prêts à parier que le reflux des prix est non seulement engagé, mais qu’il se poursuivra
L’inflation est le premier risque mis en avant par les gérants interrogés pour le traditionnel sondage de BANK OF AMERICA, lors de son édition de juin, devant la crainte d’une bulle sur l’intelligence artificielle. Ces 170 investisseurs internationaux redoutent des effets de second tour, par lesquels l’augmentation des prix des matières premières se transmet aux biens intermédiaires puis aux produits payés par les consommateurs finaux. Mais cette vue consensuelle ne fait pas l’unanimité. Alors que les négociations entre Washington et Téhéran ont commencé au Bürgenstock, certains estiment que l’inflation va reculer dans les prochains mois et que la dynamique économique est portée par le fantastique cycle d’investissement dans la «sécurité économique».
Une troisième vague d’inflation n’est pas exclue, avance Nadège Dufossé, responsable de l’allocation d’actifs chez Candriam. Après celles provoquées par les droits de douane puis par le choc pétrolier, ce sont cette fois «les investissements massifs dans l’IA et les contraintes de capacité dans les infrastructures» qui constituent de plus en plus une troisième source potentielle de pressions inflationnistes. Car la demande de puces électroniques, de centres de données ou de production d’électricité s’accélère, mais l’offre reste limitée, estime la spécialiste. Pour qui l’inflation pourrait ne pas accélérer massivement, mais la désinflation espérée par les marchés pourrait se révéler plus lente que prévu.
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