
Le chantier naval de Kilchberg, à Zurich, est entre les mains des Boesch depuis quatre générations. Le nom est une référence mondiale du sport nautique de plaisance. Mais la production restera sans doute à jamais confidentielle
Les bateaux Boesch sont au lac de Zurich ce que la Porsche 911 est à Stuttgart. Et, quelque part, ils sont au sport nautique ce que les montres Patek Philippe sont à la mesure du temps: des objets manufacturés d’exception qui se transmettent de génération en génération. Dans le jargon, ces embarcations de sport se nomment «runabouts» – profilés, stylés, rétros, donnant un air de James Bond en villégiature. La spécialité de la maison est de tout construire en bois. Exclusivement de l’acajou, la Rolls des matériaux: résistant, imputrescible, réparable, parfait compagnon des moteurs V8 ultra-puissants qui assurent la propulsion.
L’offre est sportive, mais la vraie performance ne se mesure pas en nœuds, explique le directeur, Markus Boesch, défenseur du «quiet luxury» – l’antithèse du bling-bling. Si vous regardez le lac, que «vous apercevez un bateau qui avance vite, mais n’entendez rien», c’est sans doute un Boesch. Cette force tranquille n’est pas le fruit du hasard. Elle résulte de décennies d’innovation amenée par petites touches, du principe d’horizon gliding (le bateau reste droit même dans les fortes accélérations) jusqu’au gouvernail, dont les savantes ondulations brisent les turbulences de l’hélice.
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