
Avec un baril de brut à plus de 100 dollars, les autorités américaines, notamment, sont tentées d’intervenir pour faire baisser le prix. Des mécanismes financiers peuvent permettre d’atteindre ce but, mais pas dans la situation actuelle. Explications
Les gouvernements peuvent-ils faire quelque chose contre la hausse du prix du pétrole? La guerre en Iran et la fermeture de facto du détroit d’Ormuz ont provoqué un bond de près de 40% du prix du brut depuis fin février. La volonté d’agir des pouvoirs publics est dès lors compréhensible, mais reste à choisir des outils appropriés. Il se trouve que derrière le prix d’un baril de brut se trouve une somme d’éléments distincts, qui pourraient être autant de leviers à mobiliser. Des instruments financiers peuvent faire baisser les cours dans certaines circonstances. Sont-elles réunies aujourd’hui?
Le prix du baril n’est pas seulement un chiffre, c’est une structure à quatre composants, résume le professeur à l’Unil Gianluca Benigno, dans une passionnante récente note. Ce prix est la somme du coût marginal de production, c’est-à-dire le coût du prochain baril, ajouté au coût du transport et de l’assurance, à la prime de risque géopolitique (qui reflète la durée estimée de la perturbation de l’offre) et au rendement de convenance (la prime que le marché est prêt à payer pour détenir aujourd’hui un baril plutôt que de posséder un contrat qui promet d’en recevoir un à une échéance future).
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