
Publié en 1999, «Homo Zapiens», le roman du trublion Viktor Pelevine, a fait sensation en pointant avec férocité l’échec de la thérapie de choc libérale et la décadence morale des années Eltsine; devenu un classique contemporain, «Generation P» – son nom russe – annonçait aussi en creux la restauration à venir
«Bien sûr il existe une conspiration antirusse, sans aucun doute, le seul problème est qu’elle implique toute la population de Russie» (Deuxième page de Homo Zapiens).
Babylen Tatarski, jeune moscovite qui se destinait à la littérature, comprend à la chute de l’URSS et du communisme que l’avenir, c’est la pub. Chargé de vendre aux Russes les produits américains, il se hisse à force de slogans et de pitchs (parfois très drôles) tout en haut de l’échelle du marketing, de la télévision et du pouvoir, croisant en chemin mafieux qui le ponctionnent, marionnettes de personnages politiques mais aussi les mânes du Che Guevara et des figures issues du bouddhisme ou de l’Egypte ancienne, le tout en consommant force vodka, LSD et champignons hallucinogènes…
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