Stellantis veut se relancer avec un plan à 60 milliards d'euros, l'Amérique du Nord en ligne de mireAprès des pertes importantes, le constructeur automobile italo-franco-américain veut se relancer en proposant des véhicules à «des prix abordables». Il table sur un chiffre d'affaires de 190 milliards d'euros d'ici 2030 – contre 154 milliards en 2025 Stellantis veut rebondir via un plan d'investissements de 60 milliards d'euros sur cinq ans, avec priorité donnée à l'Amérique du Nord et réductions de capacités en Europe. Les annonces de jeudi n'ont pas enthousiasmé les investisseurs: le cours de Bourse a chuté de 6% avant de finir en légère hausse de 0,40%. Antonio Filosa, directeur général du constructeur italo-franco-américain, a expliqué que ce plan d'investissements sur cinq ans axé sur les marques Jeep, Ram, PEUGEOT et FIAT, vise à offrir «des prix abordables» et à être plus performant, après des pertes colossales en 2025. Redimensionnement de 22 usines européennesLe groupe veut notamment réduire ses coûts annuels de 6 milliards d'euros d'ici 2028 par rapport à 2025 et porter ses ventes globales à 190 milliards d'euros d'ici 2030 contre 154 milliards en 2025. L'une des décisions phares est une réduction des capacités annuelles de ses usines automobiles en Europe, largement sous-utilisées. Elles seront diminuées de «plus de 800 000 unités» d'ici 2030 et passeront ainsi de 4,65 millions à 3,85 millions d'unités. Ce redimensionnement des 22 usines automobiles de Stellantis en Europe sera obtenu par la reconversion de certains sites, comme à Poissy (France) et par des accords pour partager les usines comme ceux conclus avec le chinois Leapmotor en Espagne et avec le chinois Dongfeng à Rennes (France). Mais «sans aucune fermeture», a assuré Antonio Filosa. La CFDT de Stellantis a craint jeudi soir «une nouvelle casse de l'emploi», et a appelé les salariés à un grand rassemblement le 16 juin devant le siège du groupe à Poissy. Lors d'une conférence de presse, Antonio Filosa a souligné que les véhicules fabriqués par ces partenaires chinois n'entreraient pas en concurrence avec les produits de Stellantis, s'agissant de catégories de véhicules différentes. «Le fruit de ces partenariats» n'a pas non plus vocation à aboutir aux Etats-Unis «à court ou moyen terme», a-t-il ajouté. L'Amérique du Nord en ligne de mirePour Antonio Filosa, l'Amérique du Nord est «la plus grande opportunité» pour la croissance et la rentabilité du groupe, et c'est là qu'aura lieu la «plus grande offensive produits». Stellantis y vise une hausse de 25% du chiffre d'affaires et une marge de 8 à 10%, avec une hausse de 35% des volumes pour les seuls Etats-Unis, où seront lancés sept nouveaux produits à moins de 40 000 dollars (34 500 euros), dont deux à moins de 30 000 dollars (26 000 euros). Et 60% des 36 milliards d'euros d'investissement dédiés aux marques et aux produits seront alloués à l'Amérique du Nord, où le groupe accroîtra sa production, «ce qui contribuera également à atténuer l'impact des droits de douane», a-t-il ajouté. La croissance aux Etats-Unis résultera d'une meilleure couverture du pays et de l'introduction de nouveaux produits sur des segments où Stellantis est actuellement absent, a expliqué Antonio Filosa à la presse. «Nous ne parions pas sur une accélération» de ce marché, a-t-il affirmé. Objectif: «plus de 60 lancements de nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs»En Europe (avec le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège), l'entreprise vise plus prudemment «une croissance de 15% du chiffre d'affaires et une marge d'exploitation de 3 à 5%», grâce notamment au lancement de petites voitures électriques bon marché. Dont une 2CV électrique qui sera présentée au Salon de l'Auto de Paris cet automne. Antonio Filosa veut aussi accélérer ses mises sur le marché à 24 mois contre jusqu'à 40 mois aujourd'hui et rationaliser sa production autour de trois plateformes technologiques, c'est-à-dire le cahier des charges qui uniformise les choix techniques des modèles. Les quatre marques prioritaires, qui représentent 75% des ventes selon les analystes, auront une vocation «mondiale». Le groupe ambitionne «plus de 60 lancements de nouveaux véhicules et 50 restylages majeurs». Sur ce total, 39 véhicules thermiques, pour donner aux clients «la liberté de choix», notamment en Amérique du Nord, où Stellantis a nettement ralenti ses ambitions dans les voitures électriques (EV). Selon Antonio Filosa, le «marché européen très mature des EV servira de laboratoire» pour les Etats-Unis. Des alliances avec les chinois Leapmotor et DongfengCinq autres marques auront un statut «régional» (Chrysler, Dodge, Citroën, Opel et Alfa Romeo) tandis que DS Automobiles et Lancia «seront pilotées par Citroën et Fiat» et labellisées «marques de spécialité». Côté partenariats, Leapmotor fabriquera deux de ses modèles dans les usines de Madrid et Saragosse, et l'usine de Madrid devrait être vendue à leur coentreprise. Avec Dongfeng, Stellantis va produire en Chine des PEUGEOT et Jeep pour les marchés chinois et internationaux, et en Europe distribuer des modèles Dongfeng en mais aussi en produire dans son usine de Rennes. Vendredi 22 mai 2026, 05h31 - LIRE LA SUITE
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