
CHRONIQUE. La fraude dans les transports et le vol en magasin semblent des actes sans victime. Ils ont pourtant un point commun: leurs coûts sont systématiquement répercutés sur les citoyens les plus honnêtes
Récemment, un élu d’extrême gauche lausannois a avoué avec flegme frauder quotidiennement les transports publics depuis dix ans. Arguant que ces derniers coûtent trop cher, ce qui justifie à ses yeux sa démarche. Si l’élu ose parler avec autant de détachement d’un comportement répréhensible, c’est qu’il sait qu’au fond, ils sont nombreux à faire comme lui et que les contrôles sont insuffisants, rendant la pratique attractive. Il sait aussi que la majorité validera intuitivement l’impression que les tickets coûtent trop cher.
Ce que les fraudeurs, et ceux qui leur pardonnent benoîtement, oublient, c’est que leur comportement est une partie du problème et fait augmenter le prix des billets pour les autres. Pensant faire perdre de l’argent aux compagnies de transports, ils font en réalité passer à la caisse le reste de la population, qui respecte, elle, docilement les règles du jeu. Transmettre volontairement ses frais de transport aux autres est foncièrement égoïste.
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