La concurrence régulée, pilier discret mais décisif du système de santé suisseLe système de santé suisse figure régulièrement parmi les meilleurs du monde. Cette performance repose sur un équilibre subtil entre responsabilité individuelle, solidarité et concurrence régulée. Un modèle qui garantit non seulement un accès rapide et équitable aux soins, mais qui stimule aussi l’innovation et l’efficience des coûts Dans l’assurance obligatoire des soins (AOS), chaque assuré peut changer librement d’assurance maladie une fois par an et choisir entre différents modèles d’assurance, comme le médecin de famille, les réseaux HMO ou la télémédecine. Cette liberté constitue un pilier central du système. «Le libre choix n’est pas un slogan abstrait. C’est une incitation très concrète pour les assureurs maladie à proposer des services de qualité, des primes compétitives et des modèles innovants adaptés aux besoins des assurés», souligne Saskia Schenker, directrice de Prio.swiss, l’association faîtière des assureurs maladie. Les différents modèles d’assurance permettent aux assurés d’opter pour une solution correspondant à leur situation de vie – jeune adulte, famille, personne âgée ou patient chronique. Concurrence sur des bases sainesDans le cadre de l’assurance de base, la concurrence est régulée: les assureurs maladie sont tenus d’accepter tous les assurés, quel que soit leur état de santé. «Cette obligation d’admission et combinée à la compensation des risques, une redistribution des fonds entre assureurs pour équilibrer les différences de risques liés notamment à l’âge et à la santé des assurés. Ce mécanisme assure une concurrence loyale. Les assureurs sont ainsi contraints de se concentrer sur la qualité des prestations et l’accompagnement des assurés, plutôt que sur une sélection des risques», explique Saskia Schenker. Efficacité des coûts amélioréeLa concurrence régulée agit aussi comme un puissant levier d’efficience. En 2024, les frais administratifs des assureurs maladie ne représentaient que 4,6% des dépenses de l’AOS, un chiffre en baisse constante depuis plusieurs années. A titre de comparaison, d’autres assurances sociales affichent des taux nettement plus élevés: par exemple la SUVA, avec 13,4% ou l’AI avec 7,9%. «La pression concurrentielle oblige les assureurs maladie à optimiser en permanence leurs processus. Cette discipline profite directement aux payeurs de primes», rappelle la directrice de Prio.swiss. Le contrôle systématique des factures permet ainsi d’économiser près de 4 milliards de francs par an. Les assureurs investissent également ici régulièrement – notamment grâce à la concurrence – dans la poursuite de la numérisation. Environ 130 millions de factures sont vérifiées chaque année grâce à des outils numériques performants et à des processus automatisés. Les assureurs maladie sont d’ailleurs l’un des acteurs du système santé les plus avancés en matière de digitalisation. Innovation et qualité grâce à la concurrenceLorsque plusieurs acteurs cherchent à s’attirer la confiance des assurés, l’innovation s’accélère. Les modèles de soins intégrés, développés conjointement par assureurs et les fournisseurs de prestations, en sont une illustration concrète. Des projets de réseaux de soins intégrés comme Viva, le réseau EHC Morges, Trio dans le canton de Zurich ou le Réseau de l’Arc dans le Jura mettent l’accent sur des chaînes de traitements coordonnées, avec un objectif clair: une qualité de soins optimale pour les patientes et les patients, des gains d’efficience et donc des coûts plus bas et des primes jusqu’à 20% inférieures. «Sans concurrence, il manquerait un moteur essentiel à l’amélioration continue du système de santé. L’innovation naît là où les acteurs ont la liberté d’expérimenter et de se différencier», affirme Saskia Schenker. Des assureurs responsables et engagés pour l’avenir Selon des études de l’OMS et de l’OCDE, les systèmes mixtes, combinant régulation étatique et libre concurrence, obtiennent de meilleurs résultats que les systèmes purement étatiques ou totalement libéralisés. La Suisse se distingue par plusieurs indicateurs: longue espérance de vie, bon état de santé globale de sa population, accès à une très large gamme de traitements ou encore absence quasi totale de délais d’attente dans la majorité des spécialités médicales. Tout système de santé présente toutefois des défis. C’est pourquoi Prio.swiss, l’association faîtière des assureurs maladie s’engage en faveur de réformes ciblées qui doivent permettre de pérenniser les atouts du modèle suisse. Les réformes en cours – comme le financement uniforme des prestations ambulatoires et stationnaires qui doit favoriser le transfert du stationnaire vers l’ambulatoire s’inscrit dans cette logique. Prio.swiss plaide, en outre, pour une planification hospitalière suprarégionale contraignante. «Une meilleure coordination entre les cantons permet d’éviter les doublons, de garantir la qualité grâce à des volumes de cas suffisants et de soulager durablement le système, y compris en matière de pénurie de personnel qualifié», conclut Saskia Schenker. Jeudi 26 mars 2026, 07h30 - LIRE LA SUITE
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