Avec moins de 1 % de l’eau douce directement accessible et un déficit de 40 % entre l’offre et la demande mondiale anticipé dès 2030, l’eau est déjà une matière première stratégique et un véritable risque pour les portefeuilles d’investissement. Trois axes sont envisageables pour valoriser cet actif risqué. Le premier est celui de sélectionner les émetteurs qui minimisent leur risque opérationnel. Ce risque irrigue tous les secteurs (agroalimentaire, textile, tech, industrie) et se révèle très coûteux : un arrêt de site lié au stress hydrique représente en moyenne entre 100.000 et un million d’euros de pertes journalières. Carlsberg,
DANONE, PepsiCo, Kering ont par exemple réussi à diminuer drastiquement leur consommation d’eau. Le deuxième axe est d’intégrer les acteurs de la gestion de l’eau. L’univers d’investissement qui couvre les utilities régulées (Veolia, American Water Works…), les équipementiers spécialisés (Aalberts Industries, Sulzer, De Nora), le dessalement et la réutilisation des eaux usées, qui peut réduire jusqu'à 70 % des besoins en eau douce sur certains sites, ou l’irrigation de précision agricole ou industrielle est vaste et le potentiel important. Rappelons qu’en France, moins de 1 % des eaux usées traitées sont réutilisées, contre 14 % en Espagne ou 90 % à Chypre. Enfin, troisième axe de valorisation, s’engager auprès des émetteurs pour que ces derniers contribuent à réduire leurs dépendances à l’eau et engagent les investissements adéquats de long terme au risque de détériorer la rentabilité court terme.