
Depuis le début de l'offensive contre l'Iran, le WTI s'est apprécié de près de 70%, du jamais-vu sur une période aussi courte. Les bourses de Tokyo et Séoul ont chuté à l'ouverture lundi, dans des marchés inquiets de la prolongation de la guerre au Moyen-Orient
Le baril de pétrole a dépassé les 110 dollars lundi en début d'échanges asiatiques, une première depuis juillet 2022, flambant de plus de 30% dans des marchés paniqués par la prolongation du conflit au Moyen-Orient, entraînant dans sa foulée une dégringolade des Bourses en Asie.
Flambée du pétrole, suspendu à Ormuz
Vers 2 h 30 GMT (3h30 en Suisse), le baril de West Texas Intermediate (WTI, référence du marché américain), s'envolait de 30,04 %, à 118,21 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, flambait de 27,54 % à 118,22 dollars. Depuis le début de l'offensive américano-israélienne contre l'Iran, le WTI s'est apprécié de 70%, du jamais-vu sur une période aussi courte.
Même l'invasion de l'Ukraine par la Russie, qui avait vu le baril grimper jusqu'à 130,50 dollars début mars 2022, n'avait pas provoqué de mouvements aussi violents.
Le contrat de référence sur le gaz naturel américain était lui en hausse de quelques 7%.
Au dixième jour de la guerre entre l'Iran, Israël et les Etats-Unis, les marchés de l'énergie restent suspendus aux développements au Moyen-Orient, où le détroit d'Ormuz, par lequel transite environ 20% de la production de pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) dans le monde, reste quasi-paralysé.
Une hausse durable du prix du pétrole aux lourdes répercussions pour l'Europe et l'Asie
«Nous prévoyons que le conflit sera relativement bref», mais dans le cas contraire «notre scénario pessimiste envisage une hausse durable du prix du pétrole brut à 100 dollars le baril voire plus, ce qui aggraverait problèmes de sécurité énergétique et tensions économiques dans un contexte de perturbations prolongées de l'approvisionnement énergétique», commentent les analystes de Moody's dans une note.
«Une hausse significative et durable des prix du pétrole mettrait à rude épreuve les régions importatrices d'énergie, notamment l'Europe et l'Asie» entraînant «une augmentation des prix à la consommation et des coûts de production à l'échelle mondiale, érodant le pouvoir d'achat des ménages et pesant sur l'investissement», tandis que l'inflation contraindrait les banques centrales à relever leurs taux, poursuivent-ils.
«Un tout petit prix à payer», selon Donald Trump
Aux Etats-Unis, où le prix du carburant est un sujet sensible, le président américain Donald Trump a cependant estimé dimanche soir que la flambée du pétrole était un «tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité des Etats-Unis et du monde».
Les Etats-Unis collaborent actuellement avec des armateurs qui souhaitent faire sortir leurs tankers du Golfe persique, a indiqué le ministre américain de l'Energie Chris Wright sur la chaîne CBS, pointant un marché mondial «très bien approvisionné».
Les Bourses d'Asie dans la tourmente
Dans la foulée de l'envolée spectaculaire du pétrole, les Bourses d'Asie ont décroché de concert. Vers 2h30 GMT (3h30 en Suisse) à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei perdait 6,97% à 51 740 points.A Séoul, l'indice Kospi dévissait de 6,61%, Taipei lâchait 5,70%, Sydney 3,67% et l'indice hongkongais Hang Seng abandonnait 2,87%.
«Nous prévoyons que le conflit sera relativement bref», mais dans le cas contraire «notre scénario pessimiste envisage une hausse durable du prix du pétrole brut (...) qui aggraverait problèmes de sécurité énergétique et tensions économiques», commentent les analystes de Moody's dans une note.
«Une hausse significative et durable des prix du pétrole mettrait à rude épreuve les régions importatrices d'énergie, notamment l'Europe et l'Asie» entraînant «une augmentation des prix à la consommation et des coûts de production à l'échelle mondiale, érodant le pouvoir d'achat des ménages et pesant sur l'investissement», tandis que l'inflation contraindrait les banques centrales à relever leurs taux, poursuivent-ils.
Tokyo et Séoul sont des places financières particulièrement exposées. La Corée du Sud, huitième plus gros consommateur de brut du monde – et quatrième plus gros importateur –, importe environ 70% de son pétrole du Moyen-Orient... Et son économie repose largement sur une industrie tech très énergivore. Le Japon, de son côté, pauvre en ressources naturelles, est le cinquième plus gros importateur de pétrole brut et deuxième plus gros importateur de GNL du globe.