
CHRONIQUE. Si l’ex-financier américain est devenu un conseiller proche de la banquière genevoise, c’est aussi parce que cette dernière semble s’être retrouvée bien seule aux commandes du groupe. Et qu’Epstein a su se positionner en mentor-confident
L’examen des e-mails échangés entre Jeffrey Epstein et Ariane de Rothschild entre 2013 et 2019 a révélé une vraie proximité, mais avec un certain déséquilibre entre eux. La banquière genevoise était en effet davantage demandeuse de conseils ou de validation, tandis que l’ex-financier s’est installé dans la position du mentor/ami/confident – toujours prêt à répondre et à aider. En lisant ces milliers d’e-mails, on a aussi l’impression que la patronne du groupe Edmond de Rothschild (EdR) était très seule au sommet de la banque. Elle cherchait l’appui d’experts et en a trouvé auprès de l’Américain, passé par la case prison en 2008-2009 pour avoir sollicité des services de prostitution de la part de mineures (un passé qu’Ariane de Rothschild a toujours affirmé ignorer).
Si ces deux-là sont devenus proches, c’est aussi probablement parce qu’Epstein affichait un charisme hors norme et un don pour les relations humaines. Faute de l’avoir rencontré, difficile de se faire une opinion personnelle. Mais si ce type parti de rien s’est constitué un tel réseau au plus haut niveau des affaires, de la politique ou des sciences, c’est probablement qu’il avait quelque chose de particulier. C’est d’ailleurs ce qui permet aux escrocs de réussir dans leur domaine.
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