
Ces quatre ans de guerre en Ukraine ont changé notre vision du monde et de sa sécurité. Mais aussi le quotidien de certains ouvriers français, qui doivent se mettre à fabriquer des drones ou des obus. Témoignages
Energique et enthousiaste derrière ses grandes lunettes, Maria, 55 ans, assemble depuis onze ans des moteurs pour RENAULT à Cléon, près de Rouen. Ce site serait sur le point de commencer à fabriquer des moteurs pour de nouveaux drones militaires français. «Je suis partante», nous lance-t-elle en quittant son shift matinal sous le soleil normand, verni d’un vent froid en ce mois de février. «Je serais fière de participer à l’avenir de notre sécurité. Mais c’est surtout l’emploi qui compte, il faut se diversifier», précise-t-elle à l’heure du changement d’équipe.
Ce dernier argument est celui qui porte le plus auprès des ouvriers croisés aux portes de l’usine. La pérennisation de l’activité pèse bien davantage que l’effort de guerre qui, lui, ne parle à presque aucun de nos interlocuteurs: «L’industrie automobile ne se porte pas bien et nos lignes de moteurs thermiques sont menacées. Une telle activité pourrait permettre de les sécuriser. Il s’agit d’une des dernières usines de motorisation sur le territoire national. Tout se délocalise sauf la défense», lance par exemple Anthony, 48 ans, qui travaille dans l’implantation des nouveaux projets et pense donc qu’il serait concerné.
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