
Indispensable, robuste, universel: le béton reste le matériau roi de la construction. Mais son liant, le ciment, pèse lourd dans l’empreinte carbone mondiale. Face aux contraintes climatiques, l’innovation s’impose. Et la Suisse joue un rôle clé
Sur un chantier, le béton arrive en camion toupie, coule, durcit, puis disparaît derrière un crépi ou un parquet. Rarement s’interroge-t-on sur ce qui le rend possible: un liant gris issu du calcaire et capable de «coller» ensemble sable et gravier, le ciment. C’est pourtant lui qui concentre l’essentiel de l’empreinte carbone de notre monde construit. «La production de ciment représente environ 7 à 8% des émissions mondiales de CO2», rappelle Guillaume Habert, professeur de construction durable à l’ETH Zurich. Un chiffre massif, à l’échelle du mode d’élaboration d’un matériau omniprésent. Ici, le défi est thermique et chimique. D’abord, pour obtenir le ciment, il faut chauffer la matière à très haute température dans un four, un processus qui requiert d’importants apports énergétiques. Ensuite, sous l’effet de la chaleur, la transformation du calcaire libère du CO2 «contenu» dans la matière elle-même.
Au cœur de ces dynamiques, Guillaume Habert assure que les spécialistes et les entreprises concernées savent déjà réduire une partie des impacts sur l’environnement, «parfois de l’ordre de 50 à 60% selon les références». Toutefois, pour l’universitaire, «si l’objectif est d’aller vers la neutralité carbone, il reste une part très importante du chemin à parcourir».
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