
L’un des plus célèbres titres des Etats-Unis annonçait ce mercredi le licenciement d’un tiers de ses équipes et la fermeture de nombreux bureaux à l’étranger. Propriété de Jeff Bezos, qui l’a racheté en 2013, le média historique dépérit tandis que la pression de l’administration Trump s’accroît sur l’ensemble de la branche
Le journal du Watergate prend les eaux. Trois cents employés licenciés, huit bureaux internationaux sur vingt condamnés, la fin de la rubrique littéraire et de la rubrique sport, le renvoi de l’ensemble des photographes de l’entreprise et des journalistes récipiendaires de Prix Pulitzer virés sans explication. Ce jeudi, alors que le billot n’avait pas encore fini de sécher, la stupeur prédominait au sein de la sphère médiatique américaine. Le Washington Post continue certes son activité. Toutefois l’avenir du titre, détenu par un milliardaire Jeff Bezos, qui souhaite avant tout intégrer les petits papiers du président, semble sombre. Tout particulièrement compte tenu de la pression grandissante exercée par l’administration Trump sur le journalisme critique quel qu’il soit.
Depuis son retour au pouvoir, l’allergie de ce dernier pour toute couverture non élogieuse de son mandat met à rude épreuve le champ d’application du premier amendement de la Constitution des Etats-Unis: la liberté d’expression. D’un procès à un autre – Donald Trump a engagé des procédures juridiques contre une demi-douzaine de médias ces dernières années dont le New York Times, à qui il réclame 15 milliards de dollars pour diffamation – le locataire de la Maison-Blanche accroît la pression sur l’information libre dans son pays. Dernier exemple en date: la perquisition par le FBI du domicile d’une journaliste à Washington et l’arrestation de l’un de ses homologues pour avoir filmé une manifestation contre la police de l’immigration (ICE) dans une église de Minneapolis. L’étau se resserre.
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