
Glencore a annoncé être à nouveau en discussions avec son concurrent anglo-australien RIO TINTO ORD en vue d’une éventuelle fusion, un an après l’échec de précédents pourparlers
Le géant zougois de l’extraction minière et du négoce des matières premières Glencore a confirmé vendredi à la suite de rumeurs de presse «être en discussions préliminaires avec Rio Tinto» concernant «un possible rapprochement d’une partie ou de toutes leurs activités», selon un communiqué.
Le Financial Times avait affirmé jeudi que les deux groupes avaient repris les discussions autour d’une «méga-transaction», qui ferait émerger la plus grande compagnie minière au monde, valorisée à plus de 260 milliards de dollars (225 milliards d’euros).
Si elles aboutissent, Glencore explique s’attendre pour l’instant à ce que rapprochement se fasse par le biais d’un rachat par Rio Tinto. L’opération pourrait se faire sous la forme d’une fusion entièrement en actions, a-t-il dit. Il y a un an, de précédents pourparlers sur un projet de fusion avaient échoué en raison de divergences entre les deux géants. Glencore insiste d’ailleurs sur le fait qu’il n’y a «aucune certitude» que les discussions débouchent sur un accord.
Le géant anglo-australien RIO TINTO ORD, qui a également confirmé le début des pourparlers dans un communiqué, devra lui indiquer d’ici au 5 février «au plus tard» s’il souhaite ou non lui soumettre une offre.
L’un des plus grands producteurs de cuivre au monde
En combinant leurs forces, ces deux acteurs renforceraient leur capacité à acquérir des ressources en cuivre, un métal dont la demande augmente à mesure que les pays étendent leurs réseaux électriques avec l’essor des énergies renouvelables. Le directeur général de Glencore, Gary Nagle, avait présenté en décembre des plans visant à faire du groupe l’un des plus grands producteurs de cuivre au monde.
Mais alors que RIO TINTO ORD ou Anglo American se désengagent du charbon, Glencore défend âprement sa décision de conserver ses mines pour des raisons de trésorerie, et a annoncé en août qu’il renonçait à scinder cette activité du reste du groupe. «L’activité charbon soutient les besoins énergétiques d’aujourd’hui, à mesure que nous opérons la transition dans le monde», en investissant dans des matières premières utiles comme le cuivre ou le cobalt, avait-il alors défendu.
Cette décision a valu de nombreuses critiques d’organisations environnementales à Glencore, mais aussi d’investisseurs, qui ne veulent plus détenir d’entreprises exposées à cette matière première dans leurs portefeuilles.
Anglo American et Teck Resources
En novembre dernier, le géant minier australien BHP avait renoncé à son projet de rachat de son rival britannique Anglo American, qui aurait donné naissance au plus grand groupe mondial d’exploitation du cuivre. Ce dernier est actuellement en passe d’obtenir le feu vert des autorités antitrust européennes pour fusionner avec le canadien Teck Resources, une opération qui mettrait la pression sur les autres acteurs du secteur.
La demande pour le cuivre, nécessaire à la fabrication de câbles électriques mais aussi d’éoliennes, de panneaux solaires, de batteries pour véhicules électriques ou d’appareils électroniques grand public, a explosé ces dernières années. Il est également utilisé dans le matériel militaire, notamment les avions, tandis que la demande liée à l’essor de l’intelligence artificielle et des centres de données est en pleine croissance.