
La grande banque suisse a enregistré une nette hausse de ses résultats entre juillet et septembre, performant mieux qu’attendu par les marchés. La banque d’affaires a en particulier bien performé
A l’image de ses consœurs américaines, UBS a présenté des résultats solides au 3e trimestre 2025. Dans un environnement marqué par une forte dynamique des marchés, la banque d’investissement tout comme la gestion de fortune, le cœur d’activité du groupe, se sont bien développés.
«Nous avons constaté une importante activité de la clientèle, tant privée qu’institutionnelle, avec près de 7000 milliards de dollars investis», a indiqué le directeur général Sergio Ermotti, cité dans le communiqué publié mercredi.
Durant la période sous revue, le bénéfice net a bondi de 74% sur un an à 2,5 milliards de dollars (1,99 milliard de francs), notamment en raison de la dissolution de provisions pour litiges de 668 millions de dollars. Quant au gain avant impôt, il s’est établi à 2,8 milliards en progression de 47%. Les recettes de leur côté ont avancé de 3% à 12,76 milliards. Ces chiffres sont nettement meilleurs que les attentes des analystes consultés par l’agence AWP.
Banque d’investissement solide
Au niveau des divisions, la gestion de fortune, l’unité la plus importante d’UBS, a ainsi enregistré un afflux d’argent nouveau de 38 milliards, portant les nouveaux actifs depuis le début de l’année à 92 milliards.
La banque d’investissement s’est particulièrement démarquée: ses revenus ont augmenté de 23% à 3,2 milliards grâce à un rebond des opérations, entre autres au niveau des fusions et acquisitions. «Après un premier semestre en demi-teinte, les investisseurs se sont montrés très actifs au 3e trimestre», a indiqué le directeur financier d’UBS Todd Tuckner, lors d’une conférence de téléconférence, tout en relavant que l’Asie Pacifique et la Suisse s’étaient particulièrement bien défendus.
Intégration sur la bonne voie
La première banque helvétique a aussi réalisé des progrès dans l’intégration de Credit Suisse. La migration informatique de plus de deux tiers des comptes clients en Suisse, soit environ 700 000 personnes, a été finalisée. Des réductions de coûts supplémentaires de 0,9 milliard de dollars ont été faites au cours du 3e trimestre. Et quelque 10 milliards ont été économisés depuis le début de ce processus d’intégration, ce qui représente 77% de l’objectif à atteindre d’ici fin 2026. A terme l’entreprise vise des économies de 13 milliards de dollars.
Le ratio coûts-revenus du groupe, un indicateur clé, s’est ainsi amélioré à 77% contre 80,5% au 2e trimestre, entre autres grâce à la dissolution de provisions pour litiges. Cela veut dire que pour chaque franc gagné, la banque a dépensé 77 centimes. La société a également avancé au niveau de la liquidation des actifs de CREDIT SUISSE jugés risqués et qui seront arrêtées.
Rachat d’actions
Fort de ses résultats, UBS a confirmé sa politique de rémunération de ses investisseurs. Le programme de rachat d’actions atteindra un montant de 3 milliards de dollars cette année, dont 0,9 milliard est prévu au dernier trimestre. Le dividende (90 centimes par action en 2024) devrait augmenter d’au moins 10% pour l’exercice en cours.
Malgré ces promesses, le titre, après avoir commencé le négoce dans le vert, cédait 0,82% à 30,70 francs à la bourse suisse à la mi-journée.
Au chapitre des perspectives à court terme, la grande banque a notamment fait remarquer que les droits de douane et le franc fort pourraient peser sur l’économie suisse. Au niveau mondial, l’établissement s’attend notamment à une «normalisation» de l’évolution des affaires. Notamment pour des raisons saisonnières. Le shutdown aux Etats-Unis pourrait pour sa part affecter négativement le volume des grandes transactions, celles-ci nécessitant un feu vert des autorités. «Les clients restent engagés mais nous voyons des poches de vulnérabilité dans le marché», a conclut le directeur des finances.