
La Banque centrale européenne (BCE) a baissé ses taux jeudi pour la huitième fois en un an, naviguant en pleine incertitude face aux menaces de droits de douane de Donald Trump et à leurs répercussions sur l’inflation et la croissance de la zone euro
L’euro s’apprécie nettement sur le marché des changes jeudi après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), poussé essentiellement par le discours de la présidente de l’institution Christine Lagarde qui laisse entrevoir une pause dans les baisses de taux.
Vers 16h, l’euro grimpait de 0,55% par rapport au billet vert à 1,1481 dollar, et prenait 0,21% contre la livre britannique, à 84,41 pence pour un euro. Comme prévu par le marché, la BCE a baissé ses taux pour la huitième fois en un an, naviguant en pleine incertitude face aux menaces de droits de douane de Donald Trump et à leurs répercussions sur l’inflation et la croissance de la zone euro. Le taux de dépôt, principal instrument de référence, a été diminué d’un quart de point à 2,0%.
Deux baisses avant la fin de l’année, estiment les analystes
La monnaie unique européenne s’est néanmoins renforcée lors du discours de la présidente de l’institution, Christine Lagarde. Elle a estimé qu'«au niveau actuel des taux d’intérêt, nous arrivons à la fin d’un cycle de politique monétaire qui répondait à des chocs cumulés, dont le Covid-19, la guerre en Ukraine et la crise énergétique».
Sans le dire clairement, cette affirmation implique une probable pause dans l’assouplissement de la politique monétaire de la BCE, ce qui fait s’apprécier l’euro jeudi. Plusieurs analystes s’attendaient à encore deux baisses avant la fin de l’année.
De son côté, le dollar américain attend les données sur le taux de chômage en mai aux Etats-Unis qui seront publiées vendredi. L’argent s’est affiché au plus haut depuis 2012, à 36,06 dollars l’once.
Le métal précieux profite comme l’or de «la combinaison de nouvelles craintes tarifaires, de tensions géopolitiques et d’inquiétudes concernant une forte augmentation de la dette publique américaine, qui pousse les investisseurs à se réfugier dans des actifs sûrs», indique Carsten Fritsch, analyste chez Commerzbank.